Un fermier nommé Bois, dans les champs duquel nous étions campés, fut un excellent ami pour la plupart de nous.

À nos moments perdus, nous lui bâtîmes une grange de bois, et plus d'une fois, moi et Job Seaton, mon serre-file, nous avons mis son linge à sécher sur des cordes: on eut dit que l'odeur du linge humide avait plus que tout autre chose le don de nous reporter tout droit à la pensée du foyer domestique.

Je me suis souvent demandé si ce brave homme et sa femme vivent encore. Ce n'est guère probable, car bien que vigoureux, ils avaient dépassé le milieu de la vie à cette époque-là.

Jim venait aussi quelque fois avec nous, et restait à fumer dans la vaste cuisine flamande, mais c'était maintenant un Jim tout différent de celui d'autrefois.

Il avait toujours eu un fond de dureté, mais on eût dit que son malheur l'avait entièrement pétrifié. Jamais je ne vis de sourire sur ses lèvres.

Il était bien rare qu'il parlât. Tout son esprit se concentrait sur l'idée de se venger de de Lissac, qui lui avait ravi Edie.

Il passait des heures assis, le menton appuyé sur ses deux mains, le regard fixe, le sourcil froncé, tout absorbé par une seule pensée.

Cela avait fait d'abord de lui, jusqu'à un certain point, la cible des plaisanteries de certains, mais quand ils le connurent mieux, ils s'aperçurent qu'il ne faisait pas bon rire de lui, et ils le laissèrent tranquille.

À cette époque, nous nous levions de fort bonne heure, et généralement la brigade entière était sous les armes dès la première lueur du jour.

Un matin, c'était le seize juin, nous venions de nous former, le général Adams était allé à cheval donner un ordre au colonel Reynell, à environ une portée de fusil de l'endroit où je me trouvais, quand tout à coup tous deux fixèrent avec persistance leur regard sur la route de Bruxelles.