Juste en face de nous, sur la pente de la hauteur, il y avait un canon français et nous distinguions parfaitement les servants de cette pièce.
C'était de petits hommes agiles, avec des culottes très collantes, de grands chapeaux, avec de grands plumets raides et droits, mais ils travaillaient comme des tondeurs de moutons, ne faisant que bourrer, passer l'écouvillon, et tirer.
Ils étaient quatorze quand je les vis pour la première fois.
La dernière, ils n'étaient plus que quatre, mais ils travaillaient plus activement que jamais.
La ferme qu'on appelle Hougoumont était en bas, en face de nous.
Pendant toute la matinée, nous pûmes voir qu'il s'y livrait une lutte terrible, car les murs, les fenêtres, les haies du verger n'étaient que flammes et fumée et il en sortait des cris et des hurlements tels que je n'avais jamais rien entendu de pareil jusqu'alors.
Elle était à moitié brûlée, tout éventrée par les boulets.
Dix mille hommes martelaient ses portes, mais quatre cents soldats de la garde s'y maintinrent pendant la matinée, deux cents pendant la soirée, et pas un Français n'en dépassa le seuil.
Mais comme ils se battaient, ces Français!
Ils ne faisaient pas plus de cas de leur vie que de la boue dans laquelle ils marchaient.