Et derrière ces cent hommes, il y en avait cent autres, et ainsi de suite, cela se déroulait, se tordait, sortait de la fumée des canons.

On eût dit un serpent monstrueux, et cette immense colonne paraissait interminable.

En avant venaient, çà et là, des tirailleurs, derrière ceux-ci, les tambours, tout cela s'avançait d'un pas élastique, les officiers formant des groupes serrés sur les flancs, l'épée à la main et criant des encouragements.

Il y avait aussi, en tête, une douzaine de cavaliers, qui criaient tous ensemble, l'un d'eux portait son shako au bout de son épée, qu'il tenait droite.

Je le dis encore, jamais mortels ne combattirent aussi vaillamment que le firent les Français ce jour-là.

C'était merveilleux de les voir, car à mesure qu'ils s'avançaient, ils se trouvèrent en avant de leurs propres canons, de sorte qu'ils n'eurent plus à compter sur cette aide, quoiqu'ils allassent tout droit à deux batteries que nous avions eues à nos côtés pendant tout le jour.

Chaque canon avait réglé son tir à un pied près, et nous vîmes de longues lignes rouges se dessiner dans la noire colonne, à mesure qu'elle progressait.

Les Français étaient si près de nous et si serrés les uns contre les autres, que chaque coup en emportait des dizaines; mais ils se serraient davantage, et marchaient avec un élan, un entrain qui étaient des plus beaux à voir.

Leur tête était tournée tout droit vers nous, tandis que le 93ème débordait d'un côté, et le 52ème de l'autre côté.

Je croirai toujours que si nous étions restés à l'attendre, la Garde nous aurait enfoncés, car comment arrêter une telle colonne avec une ligne de quatre hommes dépaisseur?