Mais à ce moment-là, Colburne, le colonel du 52ème, reploya son flanc gauche de manière à le placer parallèlement à la colonne, ce qui contraignit les Français à s'arrêter.
Leur ligne de front était à une quarantaine de pas de nous, et nous pûmes les voir à notre aise.
Il m'a toujours paru plaisant de me rappeler que je m'étais toujours figuré les Français comme des hommes de petite taille.
Or, il n'y en avait pas un seul, dans cette première compagnie, qui ne fût capable de me ramasser comme si j'étais un gamin, et leurs hauts bonnets à poil les faisait paraître plus grands encore.
Cétaient des gaillards endurcis, tannés, nerveux, aux yeux farouches et bridés, aux moustaches hérissées, ces vieux soldats qui n'avaient jamais passé une semaine sans se battre, et pendant bien des années.
Et alors, comme je me tenais prêt, le doigt sur la détente, attendant le commandement de feu, mon regard tomba en plein sur lofficier monté qui portait son chapeau au bout de son épée.
Je le reconnus: c'était Bonaventure de Lissac.
Je le vis. Jim le vit aussi.
J'entendis un grand cri, et je vis Jim courir comme un fou sur la colonne française.
Aussi prompte que la pensée, la brigade entière suivit cette impulsion, les officiers comme les soldats, et se jeta sur le front de la Garde, pendant que nos camarades l'assaillaient par les flancs.