Nous avions attendu l'ordre, mais tout le monde crut qu'il avait été donné: cependant, vous pouvez me croire sur parole, ce fut en réalité Jim Horscroft qui mena cette charge, faite par la brigade sur la vieille Garde.

Dieu sait ce qui se passa pendant ces cinq premières minutes de rage.

Je me rappelle que je mis mon fusil sur un uniforme bleu, que j'appuyai sur la détente, et que l'homme ne tomba pas, parce quil était porté par la foule, mais je vis, sur létoffe, une tache horrible, et un léger tourbillon de fumée, comme si elle avait pris feu. Puis, je me trouvai rejeté contre deux gros Français, et si serré entre eux, qu'il nous était impossible de mouvoir une arme.

L'un d'eux, un gaillard à grand nez, me saisit à la gorge, et je me sentis comme un poulet dans sa poigne.

Rendez-vous, coquin, dit-il.

Mais, tout à coup, il se ploya en deux en jetant un cri, car quelqu'un venait de lui plonger une baïonnette dans le ventre.

On tira très peu de coups de feu après le premier abordage. On n'entendait plus que le choc des crosses contre les canons, les cris brefs des hommes atteints, et les commandements des officiers.

Alors, tout à coup, les Français commencèrent à céder le terrain, lentement, de mauvaise grâce, pas à pas, mais enfin ils reculaient.

Ah! il valait bien tout ce que nous avions souffert jusque là, le frisson qui nous parcourut le corps quand nous comprîmes qu'ils allaient plier.

J'avais devant moi un Français, un homme aux traits tranchants, aux yeux noirs, qui chargeait, qui tirait, comme s'il avait été à l'exercice.