Les lueurs clignotantes franchissaient ainsi les hauteurs de Lammermuir et portaient les nouvelles jusqu'au Pentland, puis à Édimbourg. Mais maintenant, comme on le pense bien, tous ces antiques donjons étaient gondolés, croulants, et offraient aux oiseaux sauvages des emplacements superbes pour leurs nids.
J'ai récolté un bon nombre de beaux oeufs pour ma collection, dans la tour d'alarme de Corriemuir.
Un jour, j'avais fait une longue marche pour aller porter un message aux Armstrongs de Laidlaw, qui demeurent à deux milles en deçà d'Ayton.
Vers cinq heures, au moment même où le soleil allait se coucher, je me trouvais sur le sentier de la lande, de façon à voir exactement devant moi le pignon de West Inch, tandis que la vieille tour d'alarme était un peu à ma gauche.
Je considérais à loisir le donjon, qui faisait un effet fort pittoresque pour le flot de lumière rouge qui déversait sur lui les rayons horizontaux du soleil, et la mer s'étendant au loin en arrière.
Et comme je regardais avec attention, j'aperçus soudain la figure d'un homme qui se mouvait dans un des trous du mur.
Naturellement je m'arrêtai, étonné de cela, car que pouvait faire un individu quelconque dans cet endroit, et à ce moment-là, car l'époque de la nidification n'était pas encore venue.
C'était si singulier que je me déterminai à tirer l'affaire au clair.
Donc, malgré ma fatigue, je tournai le dos à la maison et me dirigeai d'un pas rapide vers la tour.
L'herbe monte jusqu'au bas même du mur, et mes pieds ne firent que peu de bruit jusqu'au moment où j'arrivai à l'arc coulant où se trouvait jadis l'entrée.