Elle s'étend au milieu d'une vaste étendue de prairies, de vergers, et de pacages fertiles.

De la hauteur qui domine la ville, notre vue se promena sur la plaine que nous avions laissée derrière nous, sans apercevoir trace de soldats.

Nous apprîmes aussi d'une vieille femme de l'endroit qu'une troupe des Yeomen du Comté de Wilts avait bien passé par là, le jour précédent, mais qu'il n'y avait pas de soldats établis dans le pays.

Ainsi rassurés, nous fîmes hardiment notre entrée à cheval dans la ville, et nous eûmes bientôt trouvé le chemin de la principale hôtellerie.

J'ai un vague souvenir d'une vieille église située sur une hauteur, et d'une bizarre croix de pierre dans la place du Marché, mais assurément de tous les souvenirs que j'ai emportés de Bruton, aucun ne m'est plus agréable que celui de la figure épanouie de la maîtresse de l'hôtellerie, et des plats fumants qu'elle nous servit sans perdre de temps.


[XIII-Sur Sir Gervas Jérôme, Chevalier Banneret du comté de Surrey.]

L'hôtellerie était pleine de monde, car il s'y trouvait à la fois de nombreux agents et courriers du gouvernement allant et venant sur les chemins du foyer de la rébellion, et les compères de la localité, qui s'y rendaient pour échanger des nouvelles et consommer la bière que fabriquait elle-même Dame Robson, l'hôtelière.

Malgré cette cohue de clients et le vacarme qui en résultait, l'hôtelière consentit à nous conduire dans sa propre chambre, où nous pourrions déguster sa bonne chère en toute paix et sécurité.

Cette faveur, à ce que je crois, était due à de petites manœuvres adroites, et à quelques mots dits à demi-voix par Saxon.