Pendant tout ce temps, ce fut en champion du Pape et en vengeur des injures de l'Église Romaine que se posa le roi Philippe.
Il est vrai que Lord Howard et bien d'autres gentilshommes de l'ancienne religion se battirent bravement contre les Castillans, mais il était impossible au peuple d'oublier que la Réforme avait été le drapeau sous lequel il avait triomphé, et que le Pape avait donné sa bénédiction à nos ennemis.
Puis, ce fut la tentative cruelle et insensée que fit Marie pour imposer une croyance qui n'avait plus nos sympathies, et aussitôt après elle, une autre grande Puissance catholique du continent menaça nos libertés.
La force croissante de la France provoqua en Angleterre une hostilité proportionnelle au Papisme, hostilité qui atteignit son plus haut degré, lorsque vers l'époque de mon récit, Louis XIV nous menaça d'une invasion, et cela au moment même ou la Révocation de l'Édit de Nantes mettait en lumière son esprit d'intolérance à l'égard de la doctrine qui nous était chère.
L'étroit Protestantisme de l'Angleterre était moins un sentiment religieux qu'une réponse patriotique à la bigoterie agressive de ses ennemis.
Nos compatriotes catholiques étaient impopulaires, non pas tant parce qu'ils croyaient à la Transsubstantiation qu'à raison de ce qu'ils étaient injustement soupçonnés de pactiser avec l'Empereur ou avec le Roi de France.
Maintenant que nos victoires ont fait disparaître toute crainte d'une attaque, nous avons heureusement renoncé à cette âpre haine religieuse sans laquelle les mensonges d'Oates et de Dangerfield auraient été vains.
Au temps de ma jeunesse, des causes particulières avaient enflammé cette hostilité et l'avaient rendue d'autant plus âcre qu'il s'y mêlait un grain d'effroi.
Aussi longtemps que les catholiques furent à l'état d'obscure faction, on put les négliger mais vers la fin du règne de Charles II, lorsqu'il parut absolument certain qu'une dynastie catholique allait monter sur le trône, que le catholicisme serait la religion de la Cour et l'échelle pour monter aux dignités, on sentit que le jour approchait où il tirerait vengeance de ceux qui l'avaient foulé aux pieds dans le temps où il était sans défense.
L'Église d'Angleterre qui a besoin du Roi comme l'arc de sa clef; la noblesse dont les domaines et les coffres s'étaient enrichis du pillage des abbayes; la populace chez qui les notions au sujet du papisme étaient associées à celles d'instruments de torture, du martyrologe de Fox, ne fut pas moins troublées.