Et l'avenir n'avait rien de rassurant pour notre cause.

Charles était un protestant des plus tièdes, et même, au lit de mort, il prouva qu'il n'était pas protestant du tout.

Il n'y avait plus aucune probabilité pour qu'il eût une descendance légitime.

Le duc d'York, son frère cadet, était donc l'héritier du trône.

On le savait Papiste austère et borné.

Son épouse, Marie de Modène, était aussi bigote que lui.

S'ils avaient des enfants, il était hors de doute qu'ils seraient élevés dans la religion de leurs parents, et qu'une lignée de rois catholiques occuperait le trône d'Angleterre.

Et c'était une perspective intolérable tant pour l'Église, telle que la représentait ma mère, que pour les non-conformistes, personnifiés par mon père.

Je vous ai raconté toute cette histoire ancienne parce que vous vous apercevrez, à mesure que j'avance dans mon récit, que cet état de choses finit par causer dans toute la nation un bouillonnement, une fermentation telle que moi-même, un simple jeune campagnard, je fus entraîné par le tourbillon, et que pendant toute ma vie j'en ressentis l'influence.

Si je ne vous indiquais pas avec clarté la suite des événements, vous auriez grand-peine à comprendre les influences qui produisirent un tel effet sur ma carrière entière.