L'escadron de flanc avait hardiment abordé la haie.
Une douzaine au moins de cavaliers s'y étaient frayés passage, malgré la pluie de pierres et les coups de pique et de faux lancés avec une énergie désespérée.
Dès que les dragons, avec leurs longs sabres et leurs cuirasses, furent au milieu des paysans, ils eurent une grande supériorité sur eux et bien que les faucilles eussent abattu plusieurs chevaux, les soldats continuaient à jouer du sabre et à tenir en respect la résistance farouche de leurs adversaires mal armés.
Un sergent de dragons, homme très résolu, et d'une force prodigieuse, semblait commander le peloton et encourageait ses hommes tant par ses paroles que par son exemple.
Un coup de demi-pique abattit son cheval, mais il sauta à bas avant que l'animal fût tombé et vengea sa mort par un coup qu'il porta à tour de bras avec son lourd sabre.
Brandissant son chapeau de sa main gauche, il continuait à rallier ses hommes, à frapper tout Puritain qui se hasardait contre lui.
Enfin un coup de hachette le fit tomber à genoux et un fléau brisa son sabre près de la poignée.
En voyant tomber leur chef, ses camarades firent demi-tour et s'enfuirent à travers la haie.
Mais le vaillant soldat, blessé, couvert de sang, persistait à faire tête et il aurait fini par être assommé pour expier sa bravoure, si je ne l'avais pas saisi et jeté dans la charrette, où il eut le bon sens de rester tranquille, jusqu'à la fin de l'escarmouche.
Sur les douze qui avaient forcé la haie, quatre au plus s'échappèrent.