Plusieurs autres gisaient morts ou blessés, embrochés par les faux ou jetés à bas de leurs chevaux par les pierres.

Au total neuf dragons périront, quatorze furent blessés, et nous en fîmes prisonniers sept autres qui n'avaient pas été atteints.

Il demeura entre nos mains dix chevaux en état de servir, une vingtaine de carabines, avec une bonne provision de mèche, de poudre et de balles.

Le reste de l'escadron se borna à des coups de feu isolés, épars, irréguliers. Puis ils partirent au galop par le chemin de traverse et disparurent parmi les arbres d'où ils étaient sortis.

Mais le résultat n'avait pas été atteint sans de cruelles pertes de notre côté.

Trois hommes avaient été tués et six blessés; l'un d'eux l'avait été fort gravement par le feu de la mousqueterie.

Cinq avaient été sabrés par le peloton de flanc lorsqu'il avait forcé la haie; un seul d'entre eux laissait quelque espoir de guérison.

En outre, un homme avait péri par suite de l'explosion d'un antique pétrinal et un autre avait eu un bras cassé par un coup de pied de cheval.

Nos pertes totales se montaient donc à huit tués et autant de blessés, mais il fallait bien reconnaître que ce nombre était faible, après une escarmouche aussi vive, et en face d'un ennemi qui nous était supérieur en discipline comme en armement.

Les paysans furent si enthousiasmés de leur victoire que ceux d'entre eux, qui avaient pris des chevaux, réclamaient à grands cris la permission de poursuivre les dragons, et cela d'autant plus instamment que Sir Gervas Jérôme et Ruben s'offraient avec ardeur pour les conduire.