On eût dit un vétéran parmi les cités qui avaient combattu au temps jadis.

Elle ne redoutait point de voir encore une fois l'éclair des canons et d'entendre le sifflement aigu des projectiles.

Le Conseil de Charles pouvait détruire les remparts que ses soldats avaient été incapables de prendre, mais nul édit royal n'avait le pouvoir d'en finir avec le caractère résolu et les opinions avancées des bourgeois.

Bon nombre d'entre eux, nés et grandis dans le fracas de la guerre civile, avaient subi dès leur enfance l'action incendiaire des récits de la guerre de jadis, et des souvenirs du grand assaut où les mangeurs d'enfants de Lumley furent précipités en bas de la brèche par les bras vigoureux de leurs pères.

Ainsi furent entretenues dans Taunton des dispositions plus énergiques, un caractère plus guerrier qu'en toute autre ville provinciale d'Angleterre.

Cette flamme fut attisée par l'action infatigable d'une troupe d'élite de prédicants non conformistes, parmi lesquels le plus en vue était Joseph Alleine.

On n'eût pu mieux choisir comme foyer d'une révolte, car aucune cité n'attachait plus de prix aux libertés et à la croyance qui étaient menacées.

Une forte troupe de bourgeois était déjà partie pour rejoindre l'armée rebelle, mais beaucoup étaient restés à la ville pour la défendre.

Ceux-ci furent renforcés par des bandes de paysans, comme celle à laquelle nous nous étions nous-mêmes attachés.

Elles étaient accourues en masse des environs, et maintenant elles partageaient leur temps entre les discours de leurs prédicateurs favoris, et l'exercice qui consistait à s'aligner et à manier leurs armes.