La route, que je devais suivre, longeait la base des belles collines de Quantock, où des combes aux denses forêts sont éparses parmi des dunes vastes, couvertes de bruyères et d'un épais tapis de fougères et de myrtilles.
De chaque côté du chemin descendaient des ravins tortueux bordés d'ajonc jaune, qui jaillissait de l'épaisse couche de terre rouge comme une flamme sortant de cendres chaudes.
Des ruisseaux d'une eau colorée par la tourbe descendaient à grand bruit de ces vallons et passaient par-dessus la route.
Covenant y enfonçait jusqu'aux pâturons et avait des mouvement de surprise, en voyant des truites au large dos passer comme des flèches entre ses pieds de devant.
Je voyageai pendant tout un jour à travers ce beau pays, où je fis peu de rencontres, car je me tenais à distance des grandes routes.
Quelques pâtres et fermiers, un clergyman aux longues jambes, un colporteur avec sa mule, un cavalier portant une grande sacoche et qui me fit l'effet d'un acheteur de chevelures, voilà tout ce que je peux me rappeler.
Une cruche noire d'une demi pinte d'ale et un croûton de pain dans une auberge voisine de la route, tel fut mon seul repas.
Près de Combwich, Covenant perdit un fer et j'eus à perdre deux heures dans la ville, avant de trouver une forge et de pouvoir faire remédier à l'accident.
Ce fut seulement dans la soirée que j'arrivai enfin sur les bords du Canal de Bristol, à un endroit nommé les Shurton Bars, où les flots vaseux du Parret se déversent dans la mer.
En cet endroit, le canal est si large, que l'on distingue à peine les montagnes galloises.