Le rivage est plat, noir, bourbeux, piqué çà et là de taches blanches qui sont des oiseaux de mer, mais plus loin, vers l'est, surgit une ligne de collines fort sauvages, fort escarpées, qui en certains endroits se dressent en murailles à pic.
Ces falaises se dirigent vers la mer, et les intervalles, que laissent leurs entailles, forment un grand nombre de petits ports, de baies à sec pendant la moitié de la journée, mais capables de porter un bateau de belle taille, dès que le flux est à la moitié.
La route suivait ces crêtes nues et rocheuses, qu'habite une population clairsemée de pêcheurs et de pâtres farouches.
Ils venaient sur le seuil de leurs cabanes en entendant résonner les fers de mon cheval, et me lançaient au passage quelqu'une des grosses plaisanteries qui ont cours dans l'Ouest.
À mesure que la nuit approchait, le pays se faisait plus triste et plus désert.
À de rares intervalles clignotait une lumière lointaine venant d'un cottage solitaire au flanc des collines.
C'était le seul indice de la présence de l'homme.
Le rude sentier se rapprochait de la mer, mais malgré son élévation, les embruns produits par les brisants le franchissaient.
J'avais les lèvres saupoudrées de sel.
L'air était plein du grondement rauque de la houle, du sifflement grêle des courlis, qui m'effleuraient de leur vol, pareils à des créatures de l'autre monde, blanches, vagues, à la voix mélancolique.