[IX—De la bienvenue qui m'accueille à Badminton.]

Lorsque j'ouvris les yeux, j'eus quelque peine à me rappeler où j'étais, mais le souvenir m'en fut brusquement ramené par le choc violent de ma tête contre le plafond bas quand je voulus me mettre sur mon séant.

De l'autre côté de la cabine, Silas Bolitho était couché de tout son long, la tête enveloppée d'un bonnet de laine rouge.

Il dormait profondément, en ronflant.

Au milieu de la cabine se balançait une table suspendue, très usée, et marquée d'innombrables taches par d'innombrables verres et cruches.

Un banc de bois vissé au plancher complétait l'ameublement.

Il faut toutefois y ajouter un râtelier garni de mousquets, sur l'un des côtés.

Au-dessus et au-dessous des compartiments qui nous servaient de couchettes, étaient des rangées de coffres contenant, sans aucun doute, ce qu'il y avait de plus précieux en fait de dentelles et de soieries.

Le vaisseau s'élevait et s'abaissait avec un mouvement doux, mais d'après le flottement des voiles, je jugeai qu'il y avait peu de vent.

Je me glissai sans bruit hors de ma couchette, de façon à ne pas réveiller le lieutenant, et me rendis sur le pont.