C'était le magasin, alors vide, dans lequel on avait l'habitude de mettre la laine.
Il était éclairé d'un bout à l'autre par des lampes et des chandelles.
Un grand nombre d'hommes parmi lesquels je reconnus des gens de ma compagnie, ou de celle de mon camarade, étaient couchés des deux côtés, occupés les uns à fumer, d'autres à prier, d'autres à polir leurs armes.
Dans le centre, sur toute la longueur, des bancs avaient été rangés bout à bout, et sur ses bancs étaient assis à cheval tous les cent mousquetaires du baronnet.
Chacun deux était en train de tresser en forme de queue la chevelure de l'homme assis devant lui.
Un jeune garçon allait et venait, un pot de graisse à la main, et avec cet ingrédient et de la ficelle à fouet, la besogne marchait rondement.
Sir Gervas en personne, muni d'une grande boîte pleine de farine, était assis, perché sur un ballot de laine au bout de la rangée, et aussitôt qu'une queue était achevée, il l'examinait à travers son monocle, et si elle lui paraissait convenablement faite, il la saupoudrait d'un geste précieux, en puisant dans sa boîte, et opérait avec autant de soin et de sérieux que s'il se fut agi d'une cérémonie de l'Église.
Jamais cuisinier, assaisonnant un plat, n'eût distribué ses épices avec autant d'exactitude et de jugement que notre ami n'en mettait à enfariner les têtes de sa compagnie.
Au milieu de son travail, il leva les yeux, et vit une ou deux figures souriantes à la fenêtre, mais son occupation l'absorbait trop pour qu'il se permit de l'interrompre, et nous finîmes par repartir à cheval sans lui avoir parlé.
À ce moment, la ville était fort tranquille et silencieuse, car les gens de cette région étaient habitués à se coucher tôt, à moins que quelque occasion ne les tînt sur pied.