Au milieu d'eux marchait un porte-drapeau.
Il tenait un grand étendard carré suspendu à une hampe et celle-ci reposait sur un trou pratiqué sur le côté de la selle.
Sur ce drapeau étaient inscrits en lettres d'or les mots: «Pio libertate et religione nostra.»
Ces cavaliers appartenaient à la classe des petits propriétaires ruraux et de leurs fils.
Inaccoutumés à la discipline, ils avaient une haute opinion d'eux-mêmes, en leur qualité de volontaires, ce qui les portait à plaisanter et raisonner à propos de chaque commandement.
Il en résulta que sans être dépourvus de courage naturel, ils rendirent peu de services pendant la guerre et furent pour l'armée une cause d'embarras plutôt qu'un secours utile.
Après la cavalerie, venaient les fantassins, rangés sur six de front, répartis en compagnies d'effectif variable.
Chaque compagnie avait un étendard indiquant la ville ou le village où elle avait été levée.
On avait adopté cette façon d'ordonner les troupes parce qu'on avait reconnu l'impossibilité de séparer des hommes unis par des liens de parenté et des relations de voisinage.
Ils entendaient, disaient-ils, se battre côte à côte, ou bien ne pas se battre du tout.