Il fit un si habile usage de la prise qu'il avait sur le Duc de Beaufort que par la protection de celui-ci, il obtint le commandement d'une expédition envoyée pour châtier les sauvages de la Virginie, qui avaient commis de grandes cruautés sur les colons.

Car il lutta si bien d'embuscades contre leurs embuscades, joua de tels tours à leurs guerriers les plus rusés, qu'il a laissé un grand nom parmi eux et que son souvenir vit encore parmi eux, sous un sobriquet indien, qui signifie «l'homme matois aux longues jambes et aux yeux de rat.»

Après avoir repoussé les tribus fort loin dans le désert, il reçut comme récompense de ses services un territoire, sur lequel il s'établit.

Il s'y maria et passa le reste de ses jours à cultiver du tabac et à enseigner les principes de la guerre à une nombreuse lignée d'enfants dégingandés, longs comme des perches.

On m'apprend qu'une grande nation de gens d'une force étonnante et d'une stature extraordinaire promet de se former de l'autre côté de l'eau. Si cela venait vraiment à se réaliser, il pourrait bien se faire que ces jeunes Saxons ou leurs enfants y contribuent.

Plaise à Dieu que leurs cœurs ne s'endurcissent jamais à l'égard de cette petite île de la mer, qui est, qui devra toujours être le berceau de leur race!

Salomon Sprent se maria et vécut de longues années aussi heureux que ses amis pouvaient le souhaiter.

Pendant mon séjour à l'étranger, je reçus une lettre de lui, où il m'apprenait que bien que son navire compagnon et lui fussent partis seuls pour la traversée du mariage, ils étaient maintenant escortés d'un petit canot et d'un bateau de passage.

Une nuit d'hiver où le sol était couvert de neige, il envoya chercher mon père, qui accourut chez lui.

Il trouva le vieux marin assis dans son lit, sa bouteille de rhum à portée de sa main, sa boîte à tabac près de lui, et une grande Bible jaunie en équilibre sur ses genoux ployés.