Voilà qui n’avait guère l’air d’un début brillant, et nous étions bien découragés, si découragés, que Tom parlait de retourner en Angleterre et de chercher une place d’employé.
Par où vous voyez que, sans le savoir, nous n’avions joué que nos basses cartes, et que nous avions encore en main tous nos atouts.
Non, nous nous figurions que nous avions la main malheureuse en tout.
Nous nous trouvions dans une région presque dépourvue de population.
Il ne s’y trouvait que quelques fermes éparpillées à de grandes distances, avec des maisons d’habitation entourées d’une palissade et de barrières pour se défendre contre les Cafres.
Tom Donahue et moi nous avions tout juste une méchante hutte dans la brousse, mais on savait que nous ne possédions rien, et que nous jouions avec quelque adresse du revolver, de sorte que nous ne courions pas grand risque.
Nous restions là, à faire quelques besognes par ci par là, et à espérer des temps meilleurs.
Or, au bout d’un mois, il arriva un soir certaine chose qui commença à nous remonter un peu l’un et l’autre, et c’est de cette chose-là, Monsieur, que je vais vous parler.
Je m’en souviens bien.
Le vent hurlait auteur de notre cabane et la pluie menaçait de faire irruption par notre misérable fenêtre.