—Tenez bon. Serez sûr de réussir, dit-il en son langage sautillant. Bonne nuit.
—Bonne nuit, répondis-je.
—Bonne nuit, dit une autre voix venant du corridor.
Je m’avançai pour voir, et j’aperçus la haute silhouette du secrétaire qui glissait à la suite du vieillard comme une ombre noire et démesurée.
Je retournai à mon bureau et travaillai encore une heure.
Puis je me couchai, et je fus quelque temps avant de m’endormir, en songeant à la singulière maisonnée dont j’allais faire partie.
Chapitre III
Le lendemain je fus sur pied de bonne heure et me rendis sur la pelouse, où je trouvai miss Warrender occupée à cueillir des primevères, dont elle faisait un petit bouquet pour orner la table au déjeuner.
Je fus près d’elle avant qu’elle me vît et ne pus m’empêcher d’admirer sa beauté et sa souplesse pendant qu’elle se baissait pour cueillir les fleurs.
Il y avait dans le moindre de ses mouvements une grâce féline que je ne me rappelais avoir vue chez aucune femme.