Je crois qu’à l’heure du déjeuner, tout le monde fut content d’apprendre le retour promis de Jack Hawthorne.
Par «tout le monde» j’entends ma mère, et Elsie, et Bob.
Notre cousin Salomon Barker, par contre, n’eut pas du tout l’air d’être accablé de joie quand je lançai cette nouvelle d’un ton triomphant, d’une voix haletante.
Jusqu’alors je n’y avais jamais songé, mais peut-être que ce jeune gentleman commence à s’éprendre d’Elsie et qu’il redoute un rival.
Sans cela je ne vois pas pourquoi une chose aussi simple l’aurait fait repousser son œuf, déclarer qu’il avait déjeuné superbement, et cela d’un ton agressif qui permettait de douter de sa sincérité.
Grace Maberly, l’amie d’Elsie, avait l’air très contente, selon son habitude.
Quant à moi, j’étais dans un état de joie exubérante.
Jack et moi, nous avions été camarades d’enfance.
Il avait été pour moi comme un frère plus âgé, jusqu’au jour ou il était entré dans les cadets et nous avait quittés.
Que de fois Bob et lui ont grimpé aux pommiers du vieux Brown, pendant que je me tenais par-dessous et recevais le butin dans mon petit tablier blanc.