Il n’y avait guère dans ma mémoire d’escapade, guère d’aventure où Jack ne jouât un rôle de premier ordre.
Mais désormais il était «le lieutenant» Hawthorne.
Il avait fait la guerre d’Afghanistan, et, selon l’expression de Bob, c’était «un guerrier fini».
Quelle tournure allait-il avoir?
Je ne sais comment cette expression de «guerrier» avait fait surgir l’image de Jack en armure complète, avec des plumes au casque, altéré de sang, et s’escrimant avec une épée énorme sur un adversaire.
Après un tel exploit, je craignais bien qu’il ne condescendît plus à jouer à saute-mouton, aux charades et aux autres amusements traditionnels de Hatherley House.
Le cousin Sol fut certainement très déprimé pendant les quelques jours qui suivirent.
On avait toutes les peines du monde à le décider à faire un quatrième aux parties de tennis.
Il témoignait une passion tout à fait extraordinaire pour la solitude et le tabac fort.
Nous tombions sur lui dans les endroits les plus inattendus, dans les massifs, le long de la rivière, et dans ces occasions, s’il lui était impossible de nous éviter, il tenait son regard rigoureusement fixé vers le lointain et refusait d’entendre nos appels féminins et de s’apercevoir qu’on agitait des ombrelles.