—Ne faites pas le fou, Jack, dit mon frère.
—C’est bon pour vous autres de penser à tourner le dos à une vieille vache; moi je ne trouve pas. Cela blesse mon amour-propre, voyez-vous, et je vous rejoindrai de l’autre côté de la ferme.
Et, ce disant, Jack boutonna son habit d’un air truculent, brandit sa canne avec jactance et entra dans la prairie de dix acres.
On se groupa près de la barrière et on suivit d’un regard anxieux les événements.
Jack fit de son mieux pour avoir l’air absorbé par la contemplation du paysage et de l’état probable du temps, car il jetait des regards autour de lui et vers les nuages d’un air préoccupé.
Toutefois ses coups d’œil partaient du côté taureau et y revenaient je ne sais comment.
L’animal, après avoir examiné longuement et fixement l’intrus, avait battu en retraite dans l’ombre de la haie sur un des côtés, et Jack suivait le grand axe du champ.
—Ça va bien, dis-je, il s’est écarté du chemin.
—Je crois qu’il le fait marcher, dit master Nicolas Cronin. C’est un animal plein de méchanceté et de roublardise.
Master Cronin finissait à peine ces mots que le taureau sortit de l’ombre de la haie, et se mit à frapper du pied en secouant sa tête noire à l’expression mauvaise.