—Oh! pour cela, vous pouvez vous en rapporter à lui, dit-elle. Vous ne trouverez pas mauvais que je lui donne quelque secours, n’est-ce pas? Vous en feriez tout autant si vous aviez vécu parmi les Hindous, et que vous vous trouviez brusquement transplanté chez un Anglais. Venez dans la serre, nous jetterons un coup d’œil sur les fleurs.
Nous allâmes ensemble dans la serre chaude.
À notre retour, le panier était resté suspendu à la branche, mais son contenu avait disparu.
Elle le reprit en riant et le rapporta à la maison.
Il me parut que depuis cette entrevue de la veille avec son compatriote, elle avait l’esprit plus gai, le pas plus libre, plus élastique.
C’était peut-être une illusion, mais il me sembla aussi qu’elle avait l’air moins contrainte qu’à l’ordinaire en présence de Copperthorne, qu’elle supportait ses regards avec moins de crainte, et était moins sous l’influence de sa volonté.
Et maintenant j’en viens à la partie de mon récit où j’ai à dire comment j’arrivai à pénétrer les rotations qui existaient entre ces deux étranges créatures, comment j’appris la terrible vérité au sujet de miss Warrender, ou de la Princesse Achmet Genghis; j’aime mieux la désigner ainsi, car elle tenait assurément plus de ce redoutable et fanatique guerrier, que de sa mère, si douce.
Cette révélation fut pour moi un coup violent, dont je n’oublierai jamais l’effet.
Il peut se faire que d’après la manière dont j’ai retracé ce récit, en appuyant sur les faits qui y ont quelque importance, et omettant ceux qui n’en ont pas, mes lecteurs aient déjà deviné le projet qu’elle avait au cœur.
Quant à moi, je déclare solennellement que jusqu’au dernier moment je n’eus pas le plus léger soupçon de la vérité.