J’ignorais tout de la femme, dont je serrais amicalement la main et dont la voix charmait mon oreille.
Cependant, je crois aujourd’hui encore qu’elle était vraiment bien disposée envers moi et qu’elle ne m’aurait fait aucun mal volontairement.
Voici comment se fit cette révélation.
Je crois avoir déjà dit qu’il se trouvait au milieu des massifs une sorte d’abri, où j’avais l’habitude d’étudier pendant la journée.
Un soir, vers dix heures, comme je rentrais chez moi, je me rappelai que j’avais oublié dans cet abri un traité de gynécologie, et comme je comptais travailler un couple d’heures avant de me coucher, je me mis en route pour aller le chercher.
L’oncle Jérémie et les domestiques étaient déjà au lit.
Aussi descendis-je sans faire de bruit, et je tournai doucement la clef dans la serrure de la porte d’entrée.
Une fois dehors, je traversai à grands pas la pelouse, pour gagner les massifs, reprendre mon bien et revenir aussi promptement que possible.
J’avais à peine franchi la petite grille de bois, et j’étais à peine entré dans le jardin que j’entendis un bruit de voix.
Je me doutai bien que j’étais tombé sur une de ces entrevues nocturnes que j’avais remarquées de ma fenêtre.