Ces voix étaient celles du secrétaire et de la gouvernante, et il était évident pour moi, d’après la direction d’où elles venaient, qu’ils étaient assis dans l’abri, et qu’ils causaient sans se douter le moins du monde qu’il y eut un tiers.
J’ai toujours regardé le fait d’écouter aux portes comme une preuve de bassesse, en quelque circonstance que ce fût, et si curieux que je fusse de savoir ce qui se passait entre ces deux personnes, j’allais tousser ou indiquer ma présence par quelque autre signal, quand j’entendis quelques mots prononcés par Copperthorne, qui m’arrêtèrent brusquement et mirent toutes mes facultés en un état de désordre et d’horreur.
—On croira qu’il est mort d’apoplexie.
Tels furent les mots qui m’arrivèrent clairement, distinctement, dans la voix tranchante du secrétaire, à travers l’air tranquille.
Je restai la respiration suspendue, à écouter de toutes mes oreilles.
Je ne songeais plus du tout à avertir de ma présence.
Quel était le crime que tramaient ces conspirateurs si dissemblables en cette belle nuit d’été?
J’entendis le son grave et doux de la voix de miss Warrender, mais elle parlait si vite, si bas que je ne pus distinguer les mots.
Son intonation me permettait de juger qu’elle était sous l’influence d’une émotion profonde.
Je me rapprochai sur la pointe des pieds, en tendant l’oreille pour saisir le plus léger bruit.