—Parce que j’aurai peut-être besoin de quelques nouvelles instructions.
—Soit, eh bien, ici, à minuit, dit-il.
—Non, pas ici, c’est trop près de la maison. Retrouvons-nous sous le grand chêne qui est au commencement de l’avenue.
—Où vous voudrez, répondit-il d’un ton bourru, mais rappelez-vous le bien, j’entends ne pas être avec vous au moment où vous ferez la chose.
—Je ne vous le demanderai pas, dit-elle avec dédain. Je crois que nous avons dit ce soir tout ce qu’il fallait dire.
J’entendis le bruit que fit l’un d’eux en se levant, et, bien qu’ils eussent continué à causer, je ne m’arrêtai pas à en entendre plus long.
Je quittai furtivement ma cachette, pour traverser la pelouse plongée dans l’obscurité, et je gagnai la porte, que je refermai derrière moi.
Ce fut seulement quand je fus rentré chez moi, quand je me laissai aller dans mon fauteuil, que je me trouvai en état de remettre quelque ordre dans mes penses bouleversées et de songer au terrible entretien que j’aurais écouté.
Cette nuit-là, pendant de longues heures, je restai immobile, méditant sur chacune des paroles entendues, et m’efforçant de combiner un plan d’action pour l’avenir.