Pour moi, l’absence de miss Warrender n’était pas faite pour me surprendre.
Sans aucun doute, elle était quelque part dans les massifs, se montant la tête pour la terrible besogne qu’elle avait entrepris d’exécuter.
Je fermai la porte sur moi, et m’assis, un livre à la main, mais l’esprit trop agité pour en comprendre le contenu.
Mon plan de campagne était déjà construit.
J’avais résolu de me tenir en vue de leur lieu de rendez-vous, de les suivre, et d’intervenir au moment où mon intervention serait le plus efficace.
Je m’étais pourvu d’un gourdin solide, noueux, cher à mon cœur d’étudiant, et grâce auquel j’étais sûr de rester maître de la situation.
Je m’étais, en effet, assuré que Copperthorne n’avait pas d’armes à feu.
Je ne me rappelle aucune époque de ma vie où les heures m’aient paru si longues, que celles que je passai, ce jour-là, dans ma chambre.
J’entendais au loin le son adouci de l’horloge de Dunkelthwaite qui marqua huit heures, puis neuf, puis, après un silence interminable, dix heures.
Ensuite, comme j’allais et venais dans ma chambrette, il me sembla que le temps eût suspendu complètement son cours, tant j’attendais l’heure avec crainte et aussi avec impatience, ainsi qu’on le fait quand on doit affronter quelque grave épreuve.