Le petit incident fit sur moi une vive impression, et j’y songeai beaucoup en suivant la longue avenue.

Il était clair que l’Hindou voyageur tournait toujours autour de la maison.

C’était un élément que j’avais oublié de faire entrer en ligne de compte.

Si sa compatriote l’enrôlait comme complice dans ses plans ténébreux, il pourrait bien arriver qu’à eux trois ils fussent trop forts pour moi.

Toutefois, il me semblait improbable qu’elle agît ainsi, puisqu’elle avait pris tant de peine pour que Copperthorne ne sût rien de la présence de l’Hindou.

J’eus un instant l’idée de prendre Élie pour confident, mais en y réfléchissant j’arrivai à conclure qu’un homme de son âge serait plutôt un embarras qu’un auxiliaire.

Vers sept heures, comme je montais dans ma chambre, je rencontrai Copperthorne qui me demanda si je pouvais lui dire où était miss Warrender.

Je répondis que je ne l’avais pas vue.

—C’est bien singulier, dit-il, que personne ne l’ait vue depuis le dîner. Les enfants ne savent pas où elle est. J’ai à lui dire quelque chose en particulier.

Il s’éloigna, sans la moindre expression d’agitation et de trouble sur sa physionomie.