Le courrier du jour apporta une lettre de John où il m’informait qu’il était descendu à l’hôtel Langham.
Je savais qu’il était désormais impossible de recourir à lui pour partager avec lui la responsabilité de tout ce qui pourrait arriver.
Cependant, je crus de mon devoir de lui envoyer une dépêche pour lui apprendre que sa présence serait désirable.
Cela nécessitait une longue course pour aller jusqu’à la gare, mais cette course aurait l’avantage de m’aider à tuer le temps, et je me sentis soulagé d’un poids en entendant le grincement des aiguilles, qui m’apprenait que mon message volait à mon but.
À mon retour d’Ingleton, quand je fus arrivé à l’entrée de l’avenue, je trouvai notre vieux domestique Élie debout en cet endroit, et il avait l’air très en colère.
—On dit qu’un rat en amène d’autres, me dit-il en soulevant son chapeau. Il paraît qu’il en est de même avec les noirauds.
Il avait toujours détesté la gouvernante à cause de ce qu’il appelait ses grands airs.
—Eh bien, qu’est-ce qu’il y a? demandai-je.
—C’est un de ces étrangers qui reste toujours par là à se cacher et à rôder, répondit le bonhomme. Je l’ai vu ici parmi les broussailles et je l’ai fait partir en lui disant ma façon de penser. Est-ce qu’il regarde du côté des poules? Ça se peut. Ou bien a-t-il envie de mettre le feu à la maison et de nous assassiner tous dans nos lits? Je vais descendre au village, M. Lawrence, et je m’informerai à son sujet.
Et il s’en alla en donnant libre cours à sa sénile colère.