« … Tout va fort bien. Je crois t’avoir dit que l’empereur de Russie porte ta santé avec beaucoup d’amabilité. Il dîne, ainsi que le roi de Prusse, tous les jours chez moi. Je désire que tu sois contente. Adieu, mon amie, mille choses aimables. » (3 juillet 1807.)
« … La reine de Prusse a dîné hier avec moi. J’ai eu à me défendre de ce qu’elle voulait m’obliger à faire encore quelques concessions à son mari ; mais j’ai été galant et me suis tenu à ma politique. Elle est fort aimable. Quand tu liras cette lettre, la paix avec la Prusse et la Russie sera conclue, et Jérôme reconnu roi de Westphalie avec trois millions de population. Ces nouvelles pour toi seule… » (7 juillet 1807.)
« … Mon amie, je suis arrivé hier à cinq heures du soir à Dresde, fort bien portant quoique je sois resté cent heures en voiture sans sortir. Je suis ici chez le roi de Saxe, dont je suis fort content. Je suis donc rapproché de toi de plus de moitié chemin. — Il se peut qu’une de ces belles nuits, je tombe à Saint-Cloud comme un jaloux ; je t’en préviens… » (18 juillet 1807.)
Dans les années 1808 et 1809, nous allons trouver Napoléon prenant part à la guerre d’Espagne, puis à l’entrevue des souverains à Erfurt, enfin à sa dernière campagne d’Autriche terminée par la victoire de Wagram :
« Je suis arrivé ici bien portant, un peu fatigué par la route qui est triste et bien mauvaise. Je suis bien aise que tu sois restée, car les maisons sont bien mauvaises ici et très petites. » (16 avril 1808.)
« … L’infant Don Charles et cinq ou six grands d’Espagne sont ici, le prince des Asturies est à vingt lieues. Le roi Charles et la Reine arrivent. Je ne sais où je logerai tout ce monde-là. Tout est encore à l’auberge… Je désire que tu fasses des amitiés à tout le monde à Bordeaux ; mes occupations ne m’ont permis d’en faire à personne. » (17 avril 1808.)
« … J’ai eu hier le prince des Asturies, sa cour à dîner ; cela m’a donné bien des embarras… je suis assez bien établi actuellement à la campagne… » (21 avril 1808.)
« … J’ai assisté au bal de Weimar. L’empereur Alexandre danse ; mais moi, non ; quarante ans sont quarante ans. Ma santé est bonne au fond, malgré quelques petits maux… » (9 octobre 1808.)
« Mon amie, je t’écris peu, je suis fort occupé. Des conversations de journées entières, cela n’arrange pas mon rhume. Cependant, tout va bien. Je suis content d’Alexandre, il doit l’être de moi : s’il était femme, je crois que j’en ferais mon amoureuse. Je serai chez toi dans peu ; porte-toi bien, et que je te trouve grasse et fraîche… » (12 octobre 1808.)
« Tu dois être entrée aux Tuileries le 12. J’espère que tu auras été contente de tes appartements. — J’ai autorisé la présentation à toi et à la famille de Kourakin : reçois-le bien et fais-le jouer avec toi… » (21 décembre 1808.)