Quand tu avais eu ton avoine et que j'avais bu un coup,
Enfilions-nous la route comme une hirondelle!
Aux courses des mariages, tu n'avais pas ta pareille,
Pour le fond ou la vitesse,
Tu les battais d'autant de queues que tu voulais,
Partout où tu allais.
Les petits chevaux de chasse à croupe avalée
Auraient peut-être pu te battre à une petite course;
Mais six milles écossais, alors tu essayais leur fond,
Et tu les faisais souffler;
Pas de fouet, pas d'éperon, juste une baguette
De saule ou de noisetier.
Tu étais une aussi noble labourière,
Qui ait jamais été attelée de cuir ou de corde!
Souvent toi et moi, en une poussée de huit heures,
Par un bon temps de mars,
Nous avons tourné six quarts d'acre,
Pendant des journées à la file.
Tu ne tirais pas à coups, tu ne plongeais pas, tu ne te dressais pas,
Mais tu fouettais l'air de la vieille queue,
Tu étalais bien large ton poitrail bien rempli,
Avec courage et force;
Les mottes pleines de racines se brisaient et craquaient,
Puis versaient doucement.
Quand la gelée durait longtemps et que les neiges étaient épaisses
Et menaçaient de retarder le travail,
Je mettais à ta mesure un petit tas
Au-dessus du bord;
Je savais que ma Maggie ne s'endormirait pas
Pour cela, avant l'été.
À la voiture ou au chariot, tu ne t'arrêtais jamais,
Tu aurais attaqué la montée la plus raide,
Tu ne regimbais pas, tu ne forçais pas, tu ne saccadais pas,
Pour ensuite t'arrêter à souffler;
Tu pressais ton pas, juste une idée,
Et tu l'enlevais sans effort.
Mon attelage est maintenant fait de tes enfants,
Quatre bêtes aussi vaillantes que bêtes qui ont jamais tiré;
Sans compter six autres que j'ai vendues,
Et que tu as nourries;
Elles m'ont rapporté treize livres deux,
La moindre d'entre elles.
Mainte dure journée, nous avons peiné ensemble,
Et combattu dans ce monde fatiguant!
Et en mainte anxieuse journée, j'ai bien cru
Que nous aurions le dessous!
Cependant, nous voici arrivés tous deux à la vieillesse,
Avec quelque chose de côté.
Et ne crois pas, ma vieille et fidèle camarade,
Que maintenant peut-être tu as moins de mérite,
Et que tes vieux jours puissent finir dans la faim;
Sur mon dernier boisseau,
Je réserverai le huitième d'un boisseau,
Mis de côté pour toi.
Usés et caducs nous voici arrivés ensemble à la vieillesse;
Nous trottinerons çà et là, l'un avec l'autre;
J'aurai bien soin de planter ton attache
Sur un beau morceau d'herbe,
Où tu puisses noblement étendre ton cuir,
Avec peu de fatigue[800].