Art. 2.—L'exemplaire adressé au gouvernement argentin par M. Brougnes, sera déposé aux archives. Des remerciements seront adressés à l'auteur.
Art. 3.—Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent décret.
Art. 4.—Il sera publié et communiqué à qui de droit.
Le Président de la République Argentine,
URQUIZA.
Le secrétaire général,
V. Quesada.
Le ministre de l'intérieur,
B. Gorostiaga.
L'œuvre de colonisation à production élevée, dont nous venons d'exposer la combinaison et l'organisation, est destinée aux familles de cultivateurs pauvres dont la situation nous a paru irrémédiable par tout autre moyen. En les transformant en grands propriétaires, éleveurs de nombreux troupeaux d'animaux, avec l'outillage nécessaire à l'exploitation du sol, nous faisons de ces familles des agents de grande production, dont partie doit appartenir, en toute justice, à l'entreprise qui leur a créé une telle situation. Quant aux résultats heureux de l'œuvre, nul ne peut les contester. Le chiffre des bénéfices sera, sans nul doute, plus ou moins élevé que celui que nous avons rationnellement calculé. Mais ces bénéfices, si réduits qu'ils soient, nul ne peut les nier. Un fait incontestable, c'est l'intérêt dix pour cent par an et la prime de vingt pour cent alloués par la loi argentine au capital employé à la colonisation, hypothéqué sur l'avoir mobilier et immobilier du colon et sur une grande concession de terre qui devient propriété de l'entreprise dès le moment de l'installation de la colonie, c'est-à-dire, du moment de l'application du capital à l'opération. Il y a donc toute sécurité pour le capital et de grands bénéfices à réaliser, tout en rendant au cultivateur pauvre le plus grand des services, celui de l'arracher au goufre de la misère vers lequel il est entraîné et de le placer sur la voie de la fortune largement ouverte devant lui. Quant à nous, notre conscience satisfaite nous dit que nous faisons une bonne œuvre et une bonne action.
Dr BROUGNES.
Carte Géographique
de la République Argentine
avec les limites réglées par les derniers traités de 1881.