Fig. 25.—Portraits de Bailly et de Lafayette.

Dès ce jour la royauté n'exista plus que de nom.

Fig. 26.—EMANUEL JOSEPH SIÉYÈS

À la séance royale du 23 juin, une déclaration lue par le garde des sceaux cassa les résolutions prises par les députés du tiers comme «illégales et inconstitutionnelles» et ordonna «que la distinction des trois ordres fut conservée en son entier». Après cette lecture, le roi leva la séance et se retira suivi de la noblesse et du clergé. Le tiers état seul resta dans la salle. Sommé par le grand maître des cérémonies, M. de Dreux-Brézé, de se retirer: «La nation assemblée ne peut recevoir d'ordres,» répondit le président Bailly et Mirabeau se levant avec impétuosité ajouta: «Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes. Oui, Monsieur, nous avons entendu les intentions qu'on suggère au roi. Mais vous ne sauriez être son organe auprès de L'Assemblée nationale vous qui n'avez ici ni place, ni voix, ni droit de parler.»

Fig. 27.—Portrait de Mirabeau.
[Allez dire à ceux qui vous envoyent que nous sommes ici
par la volonté du Peuple et que nous n'en sortirons que par la puissance
des Baïonnettes.]

Le grand maître des cérémonies se retire,—«Messieurs, dit simplement Siéyès, vous êtes aujourd'hui ce que vous étiez hier. Délibérons.»

Ce jour-là, la cause du peuple triomphait, sa souveraineté commençait, le coup d'État avortait.