Alors on vit se former des groupés menaçants dans toutes les rues et surtout au Palais Royal où déjà l'on criait: aux armes!—C'est là que Camille Desmoulins harangue la foule, raconte l'exil de Necker et peint l'attitude menaçante des soldats étrangers.—Aux armes, citoyens! C'est le tocsin d'une Saint-Barthélémy des patriotes s'écrie-t-il, il faut nous reconnaître, et arrachant une feuille d'arbre, il s'en improvise une cocarde: chacun l'imite. Puis, brandissant un pistolet, il entraîne le peuple sur ses pas.

Le buste de Necker, couvert d'un crêpe et celui du duc d'Orléans qui avait donné son adhésion aux communes, sont portés sur la place Louis XV[25].—C'est un dimanche: les rues, la place et les Tuileries sont encombrées de promeneurs.

Des dragons du Royal-Allemand se précipitent et brisent les bustes.

Fig. 30.—Charge du Royal-Allemand sur le peuple de Paris, le 12 juillet 1789.