L'ordre statique fondamental ainsi sommairement établi entre les nouveaux élémens sociaux détermine aussitôt la loi la plus générale de leur développement commun, en fixant immédiatement, par une coïncidence nécessaire, l'ordre dynamique de ces quatre évolutions partielles, dont l'inévitable simultanéité permanente ne pouvait neutraliser l'inégale rapidité naturelle. Chacun peut aisément reconnaître, en effet, en reproduisant dynamiquement les considérations ci-dessus indiquées statiquement, que les mêmes motifs qui règlent l'harmonie normale s'appliquent, d'une manière aussi directe et aussi énergique, à la succession spontanée, toujours accomplie historiquement suivant la hiérarchie, soit ascendante, soit descendante, que nous venons de définir. Une appréciation plus spéciale conduit ensuite à constater que, dans l'évolution préparatoire dont nous instituons l'étude rationnelle, la filiation a dû être jusque ici essentiellement ascendante; la progression inverse, qui commence à devenir prépondérante, n'ayant pu encore exercer qu'une influence secondaire, quoique également nécessaire, ultérieurement analysée.
D'après la seule définition d'une telle hiérarchie sociale, désormais envisagée dynamiquement, il est sans doute évident que l'essor de chacun des élémens principaux tend à provoquer spontanément celui des divers autres, soit que l'impulsion se propage du plus général au moins général, ou bien en sens contraire. Il est heureusement inutile aujourd'hui de s'arrêter ici à faire expressément ressortir l'influence réciproque, de direction et d'excitation, qui se développe continuellement sous nos yeux entre l'évolution scientifique et l'évolution industrielle: la suite de notre élaboration historique en caractérisera d'ailleurs naturellement les grandes conséquences sociales. Mais l'intime connexité de l'évolution esthétique avec chacune des deux évolutions extrêmes est jusqu'à présent appréciée d'une manière beaucoup moins convenable, sans toutefois qu'elle soit, au fond, plus douteuse, du point de vue pleinement philosophique propre à ce Traité. Car, la théorie positive de la nature humaine montre clairement que, dans l'ensemble de notre éducation normale, individuelle ou sociale, l'essor esthétique doit graduellement succéder à l'essor pratique ou industriel, et préparer ensuite l'essor scientifique ou philosophique; comme j'aurai lieu d'ailleurs de l'expliquer directement ci-dessous. Quand, au contraire, la progression commune s'accomplit en sens inverse, suivant une marche exceptionnelle ci-après caractérisée, on comprend aussi, quoique moins spontanément, soit la tendance de l'activité scientifique à provoquer, à titre d'indispensable diversion mentale, une certaine activité esthétique, soit surtout l'heureuse réaction exercée par l'essor esthétique sur le perfectionnement industriel. Ainsi, la réalité dynamique de notre hiérarchie fondamentale est, en principe général, aussi incontestable, à tous égards, que sa primitive réalité statique.
L'unique hésitation qui puisse d'abord entraver ici son usage historique, résulte d'une première incertitude inévitable sur le sens effectif, ascendant ou descendant, de l'ordre principal des quatre évolutions partielles, lorsqu'on néglige la distinction préalable, déjà employée ci-dessus quant à l'époque initiale, entre l'ébauche primordiale de chaque développement et son incorporation directe au système propre de la civilisation moderne. Mais, en ayant convenablement égard à cette indispensable différence, il ne peut, ce me semble, rester maintenant aucune incertitude sur le sens, essentiellement ascendant, d'une telle série historique, pendant le cours total des cinq siècles écoulés depuis que cette civilisation a commencé à manifester le caractère vraiment distinct des nouveaux élémens sociaux. Car, il est assurément incontestable que l'essor industriel des sociétés modernes devait constituer leur premier contraste général, et encore même aujourd'hui le plus décisif, envers celles de l'antiquité. Quelle que soit évidemment l'extrême importance sociale de l'évolution esthétique et de l'évolution scientifique, outre qu'elles ont dû être, chez les modernes, constamment postérieures à l'évolution industrielle, on ne peut douter qu'elles ne caractérisent jusque ici notre civilisation beaucoup moins profondément que celle-ci, directement relative à un élément étranger à l'ancienne économie sociale, et en même temps le plus populaire de tous; tandis que les deux autres développemens, sans être, à beaucoup près, aussi profondément incorporés au régime antique qu'ils le sont à l'état moderne, y avaient été néanmoins poussés à un degré fort remarquable. C'est, à tous égards, la prédominance graduelle de la vie industrielle sur la vie militaire, par suite de l'entière abolition de l'esclavage primitif des classes laborieuses, qui distingue le mieux l'ensemble des populations composant aujourd'hui l'élite de l'humanité; c'est aussi la première source générale de tous leurs autres attributs essentiels, et le principal moteur universel du mode d'éducation sociale qui leur est propre. L'éveil mental que cette activité pratique y a provoqué et maintenu, à un certain degré, par une influence inévitable et continue, jusque chez les classes les plus inférieures, ainsi que l'aisance relative dès lors uniformément répandue, y ont ensuite naturellement amené un développement esthétique plus désintéressé, dont l'active propagation n'avait jamais pu être aussi étendue sous aucun des trois modes essentiels que nous avons distingués, au cinquante-troisième chapitre, dans le régime polythéique de l'antiquité. D'un point de vue secondaire, mais plus spécial, on voit d'ailleurs que le perfectionnement graduel de l'essor industriel l'élève spontanément, par une suite de transitions presque insensibles, jusqu'à l'essor purement esthétique, surtout en ce qui concerne les arts géométriques. Quant à l'influence nécessaire de cette même évolution industrielle pour imprimer ensuite à l'esprit scientifique des modernes cette positivité fondamentale qui le caractérise, et qui a ultérieurement transformé aussi l'esprit philosophique proprement dit, elle est certes tellement évidente, en principe, que nous n'avons aucun besoin de nous y arrêter ici, jusqu'à ce que le cours naturel de notre élaboration historique nous conduise à en apprécier directement les conséquences générales. On ne saurait donc méconnaître la direction radicalement ascendante de l'évolution, essentiellement empirique, propre au premier essor fondamental des nouveaux élémens sociaux, dont la hiérarchie normale ne pourra se développer librement suivant la marche descendante, seule pleinement rationnelle, qu'après le suffisant accomplissement d'une systématisation directe, jusque ici à peine entrevue, et qui suppose l'ascendant final de la philosophie positive chez tous les esprits actifs.
Il ne peut, à cet égard, rester quelque embarras historique que relativement à l'ordre respectif des deux évolutions esthétique et scientifique, qui toutes deux constamment postérieures à l'évolution industrielle, semblent n'avoir pas observé entre elles une loi de succession aussi fixe, quoique d'ailleurs, dans la plupart des cas, la première ait été, conformément à cette règle générale, évidemment antérieure: l'exemple capital de l'Allemagne donne surtout de la gravité à une telle objection, puisque l'essor scientifique paraît y avoir, au contraire, notablement précédé le principal essor esthétique, par un concours de causes exceptionnelles qui mériterait une saine analyse spéciale, du reste incompatible avec la nature abstraite de notre élaboration sociologique. Mais, pour dissiper ici convenablement l'incertitude qu'une semblable anomalie pourrait jeter sur l'ordre dynamique que nous venons d'établir, il suffit de considérer l'irrécusable nécessité philosophique d'apprécier simultanément l'essor direct de la civilisation moderne, non chez une seule nation, même très étendue, mais chez tous les peuples qui ont réellement participé au mouvement fondamental de l'Europe occidentale; c'est-à-dire (afin d'en faire, une fois pour toutes, l'indispensable énumération), l'Italie, la France, l'Angleterre, l'Allemagne, et l'Espagne[6]. Ces cinq grandes nations, dont Charlemagne a si dignement achevé de constituer l'imposante synergie, peuvent être regardées, dès le milieu du moyen-âge, comme constituant, à beaucoup d'égards essentiels, malgré d'immenses diversités, un peuple vraiment unique, intégralement soumis alors au régime catholique et féodal, et depuis généralement assujéti à toutes les transformations successives, soit critiques, soit surtout organiques, que la destinée ultérieure d'un tel régime devait graduellement déterminer chez cette avant-garde de notre espèce. Par une semblable considération, d'ailleurs si importante, en général, pour circonscrire convenablement la véritable extension du théâtre permanent de la phase sociale que nous apprécions, on résout aussitôt la difficulté précédente, en faisant clairement ressortir que, dans ce mode rationnel d'observation historique, l'essor scientifique se présente, suivant l'ordre naturel ci-dessus établi, comme certainement postérieur à l'essor esthétique. Rien n'est surtout plus évident quant à l'Italie, dont la civilisation a, sous tous les rapports essentiels, tant précédé et si longtemps guidé celle de tout le reste de la grande république occidentale, et où l'on voit si nettement l'essor esthétique succéder peu à peu à l'essor industriel, et préparer ensuite graduellement l'essor scientifique ou philosophique, d'après l'heureuse propriété qui le caractérise d'exciter spontanément l'éveil spéculatif jusque chez les plus vulgaires intelligences.
[Note 6:] Comme tout le reste de notre élaboration historique devra naturellement contenir de fréquentes allusions, soit explicites, soit plus souvent implicites, à une telle circonscription territoriale, il convient ici d'avertir directement, pour prévenir toute interprétation équivoque ou incomplète, que, afin de ne pas trop multiplier le nombre de ces élémens européens, je suppose toujours essentiellement annexé à chacun d'eux l'ensemble de ses appendices naturels. Ainsi, dans cette définition historique de l'Angleterre, j'y comprends, non-seulement l'Écosse, et même d'Irlande, suivant un usage déjà familier, mais aussi, à beaucoup d'égards, l'Union américaine elle-même, dont la civilisation, essentiellement dépourvue d'originalité, ne fut surtout, jusqu'à notre siècle, qu'une simple expansion directe de la civilisation anglaise, modifiée par des circonstances locales et sociales. Par des motifs équivalens d'affinité politique, je joins pareillement, d'ordinaire, à l'Allemagne proprement dite, d'une part la Hollande, et même la Flandre, d'une autre part les îles danoises et même la péninsule scandinave, ainsi que la Pologne, extrêmes limites boréale et orientale de notre synergie européenne. Enfin, il serait superflu de prévenir que, sous la seule dénomination d'Espagne, on doit entendre habituellement ici l'ensemble de la presqu'île ibérique. Des subdivisions plus détaillées seraient contraires à la nature essentiellement abstraite de notre opération sociologique, où une telle énumération ne saurait avoir d'autre destination principale que de prévenir le vague et la confusion des idées relatives à la vérification effective de ma théorie fondamentale de l'évolution humaine.
Si, au lieu d'envisager le développement direct des modernes élémens sociaux, qui, je ne saurais trop le rappeler, constitue le seul objet de notre appréciation actuelle, on voulait étudier, dans l'ensemble du passé humain, la première origine successive de leurs évolutions respectives, on trouverait, au contraire, une marche nécessairement inverse; puisque la civilisation ancienne, toujours issue, comme je l'ai montré au cinquante-troisième chapitre, d'un état essentiellement théocratique, avait d'abord procédé du principe le plus général qui fût alors applicable aux relations humaines, pour descendre graduellement aux applications particulières, tandis que la civilisation moderne a dû commencer par les moindres rapports pratiques. C'est ainsi que le génie purement philosophique a été, chez les anciens, le premier développé, sous la forme nécessairement théologique seule possible à un tel âge; ensuite le génie scientifique, avec un caractère analogue, après sa séparation du tronc commun de la théocratie; et enfin le génie esthétique, longtemps simple auxiliaire de l'action théocratique; le génie industriel y étant d'ailleurs, par les conditions fondamentales de toute l'économie antique, constamment étouffé sous l'esclavage systématique des travailleurs, afin de laisser à l'activité pratique la direction guerrière qu'elle devait primitivement manifester. Une marche semblable, du général au particulier, ou de l'abstrait au concret, n'a surgi jusqu'à présent, dans l'essor propre de la civilisation moderne, que d'une manière secondaire, qui ne pourra devenir principale, avec une rationnalité bien supérieure à celle de la marche antique, que d'après la systématisation totale qui tend aujourd'hui à résulter de l'ensemble de cette évolution préparatoire. Mais la considération permanente d'une telle marche n'en est pas moins, quoique purement accessoire, indispensable à signaler déjà, même envers un tel passé, parce que son influence, pareillement spontanée, a essentiellement dominé, comme je l'expliquerai bientôt, le développement intérieur de chacun des grands élémens sociaux, décomposé dans les diverses activités partielles dont il représente l'agglomération naturelle: en sorte que l'ordre ascendant et l'ordre descendant de la hiérarchie positive ont, en résumé, pareillement concouru, d'une manière déterminée, à régler l'évolution organique des cinq derniers siècles, l'un pour la progression générale, et l'autre pour chacune des trois progressions spéciales, où le sentiment systématique plus restreint avait pu devenir suffisamment usuel. Un tel mode d'évolution représenterait la marche naturelle d'une société idéale, dont l'enfance serait supposée convenablement préservée de la théologie et de la guerre: il tend aujourd'hui à se reproduire communément, dans un cas plus réel quoique plus restreint, pour l'ensemble de l'éducation individuelle, en tant du moins que spontanée, où l'activité esthétique succède graduellement à l'activité industrielle, et prépare progressivement l'activité scientifique ou philosophique.
Après ce double préambule indispensable, où l'époque initiale et ensuite l'ordre de succession de notre série positive ont été enfin convenablement appréciés, procédons directement à l'examen général de chacune des quatre évolutions essentielles, en commençant, suivant l'explication précédente, par l'évolution industrielle, principale base nécessaire du grand mouvement de recomposition élémentaire qui a jusque ici caractérisé la société moderne.
Il faut d'abord expliquer comment ce nouvel élément social, essentiellement étranger à l'antiquité, a naturellement surgi, en temps opportun, de ce mémorable état transitoire dominé par l'organisme catholique et féodal, qu'une étude impartiale et approfondie représente, à tous égards, non moins dans la progression organique que dans la progression critique, comme la vraie source générale de notre civilisation occidentale. Cette heureuse transformation, la plus fondamentale que l'humanité ait encore éprouvée, et qui, chez l'ensemble des populations réparties sur le vaste théâtre du moyen-âge, a remplacé enfin, suivant une marche graduelle mais irrévocable, la vie guerrière par la vie industrielle, a été jusque ici assez sainement jugée quant à ses résultats essentiels, quoique d'une manière étroite et insuffisante; tandis que, au contraire, son accomplissement nécessaire n'a guère donné lieu qu'à des théories radicalement vicieuses, où l'on attribue presque toujours une irrationnelle importance à des causes purement accessoires, hors de toute juste proportion avec l'immensité d'un tel phénomène, faute d'en avoir directement saisi le véritable principe universel. Les plus sages tentatives appartiennent incontestablement, à cet égard, à ces illustres écrivains qui, au siècle dernier, ont si dignement immortalisé la noble école écossaise: et cependant aucun d'entre eux, sans même excepter le loyal et judicieux Robertson, n'a pu s'affranchir assez des aveugles préjugés alors inspirés par la philosophie négative, soit protestante, soit déiste, pour s'élever au degré d'impartialité historique susceptible de faire sentir, au moins empiriquement, à d'aussi bons esprits, l'impulsion prépondérante, directement émanée, à cette fin, de l'ensemble du régime propre au moyen-âge.
En appliquant ici, sous ce rapport, les principes établis d'avance, dans l'avant-dernier chapitre du volume précédent, sur la tendance nécessaire, à la fois temporelle et spirituelle, d'une telle organisation vers l'affranchissement et l'élévation des classes laborieuses, il faut d'abord rappeler que, d'ordinaire, on est loin d'apprécier convenablement la haute importance de la transition primordiale ainsi partout réalisée par la substitution du servage proprement dit à l'esclavage antique: modification où les juges les plus prévenus ne sauraient assurément méconnaître ni l'influence normale du catholicisme, imposant, avec une énergique autorité permanente, d'universelles obligations morales, ni la conversion spontanée du système conquérant en système défensif, qui caractérise l'état féodal. Ce grand changement doit être envisagé, ce me semble, comme constituant, dès l'origine du moyen-âge, un certain degré primitif d'incorporation directe de la population agricole à la société générale, où jusque alors elle n'avait presque figuré qu'à la manière des animaux domestiques: puisque le cultivateur, ainsi fixé désormais à la terre, en un temps où les possessions territoriales tendaient vers une profonde stabilité, a dû commencer aussitôt, quelque chétive et précaire que fût son existence naissante, à acquérir de véritables droits sociaux, ne fût-ce que le plus élémentaire de tous, celui de former une famille proprement dite; ce qui, auparavant impossible, est alors naturellement résulté, d'ordinaire, de cette nouvelle situation, sous l'opiniâtre impulsion catholique. Une telle amélioration, base nécessaire de toutes les phases ultérieures d'émancipation civile, me paraît conduire, contre une opinion presque unanime aujourd'hui, à placer dans les campagnes le siége initial de l'affranchissement populaire, du moins quand on veut analyser ce grand phénomène social jusque dans ses premiers élémens historiques: il se rattache par-là, d'une manière directe et spontanée, soit à la prédilection instinctive des chefs féodaux pour la vie agricole, d'après leur passion caractéristique d'indépendance habituelle, soit aussi au noble spectacle permanent si fréquemment offert par tant d'ordres monastiques, surtout au début du moyen-âge, en consacrant les mains les plus vénérées à des travaux toujours avilis précédemment[7]. Aussi la condition rurale semble-t-elle avoir été primitivement moins malheureuse que celle de la plupart des villes, sauf quelques grands centres, alors très rares, mais dont la considération est fort importante, comme point d'appui naturel des principaux efforts ultérieurs. On ne peut douter que l'ensemble du régime propre au moyen-âge ne tendît d'abord puissamment à l'uniforme dissémination de la population, même dans les plus défavorables localités, par une influence intérieure analogue à l'action si prononcée qu'il exerçait au dehors, en interdisant les invasions régulières, pour établir des populations sédentaires dans les plus stériles contrées de l'Europe. Il est incontestable, en effet, que les systèmes de grands travaux publics destinés, sur tant de points, à améliorer un séjour, dont les inconvéniens naturels cessaient ainsi graduellement de pouvoir être éludés à l'aide d'une hostile émigration, remontent essentiellement jusqu'à ces temps, si irrationnellement dédaignés, où la miraculeuse existence de Venise, et surtout de la Hollande, ont commencé à devenir possibles, en vertu d'opiniâtres efforts sagement organisés, auprès desquels les plus fastueuses opérations antiques doivent assurément paraître fort secondaires.
[Note 7:] Un estimable historien de l'Italie (Denina) a judicieusement rattaché à cette double influence générale le mémorable mouvement spontané, si mal apprécié d'ordinaire, qui, pendant les sixième et septième siècles, tendit à réparer énergiquement, surtout en Italie, l'action désastreuse que les meilleurs temps du régime romain avaient dû exercer sur l'agriculture et sur la population, par suite de la concentration d'immenses domaines chez d'indolens propriétaires, habituellement concentrés au loin, et dont la sollicitude accidentelle, aussi nuisible que leur incurie journalière, n'aboutissait presque jamais qu'à y opérer, à grands frais, de stériles embellissemens.