Chantons Te Deum laudamus!

Tel est, en raccourci, ce grand poème que jusqu'ici les critiques n'avaient guère cité qu'en ridicule, tout en convenant de son mérite, chose passablement contradictoire. Il donne, en effet, beaucoup de prise au sarcasme, avec ses éternels discours, ses mille et un épisodes, ses quatre ou cinq cents personnages, parmi lesquels figurent, Gastepavé, Toutlyfault, Pantagruel, Tastevin, Gobin, Goguelu, Coridon, Rifflart, l'évêque de la loi d'Arménie, Trouillard, le podesta des Tyriens, le sergent Corbin, le bourreau plaisant, etc., etc., etc.; enfin ses soixante-dix à quatre-vingt mille vers (car il en a au moins autant, sans toutefois atteindre le nombre de huit cent mille, comme le dit follement Catherinot, dans ses Annales typographiques de Bourges); mais, malgré tous ces défauts, il est peu généreux et peu juste de ne chercher qu'à rire d'une composition si ancienne, dans laquelle brillent tant d'éclairs de vrai talent. Certes, c'est bien ici le cas d'appliquer la sage maxime que, pour bien juger un ouvrage, il faut plutôt considérer ses beautés que ses défauts. On n'a seulement qu'à lire le Mystère apocalyptique de maistre Louis Choquet pour se convaincre qu'il n'était pas si facile, en 1450, d'égaler celui des Actes des Apôtres. Disons, en finissant, que tous deux sont généralement écrits en vers de huit pieds; mètre favori de nos vieux poètes, et peut-être celui de tous qui, fatiguant le moins à la longue, s'accorde le mieux avec le génie vif des Français.

[43] Simon Gréban, moine de Saint-Richer, en Ponthieu, fut secrétaire de Charles d'Anjou, duc du Maine. Les frères Parfait disent que c'est lui qui fut enterré au Mans, dans l'église de Saint-Julien; mais il est plus probable que ce fut son frère Arnoul.

[44] Gabriel Naudé, dans son Mascurat, dit qu'on s'étouffait à l'hôtel de Flandre, en 1541, pour voir jouer les Actes des Apôtres.

[45] Ce cry a été réimprimé dernièrement par les soins de M. le libraire Crozet, dans son curieux Recueil de Farces gothiques.

[46] Ces différens étages de la scène expliquent comment on pouvait représenter diverses actions en des lieux très éloignés et dans un même temps.


CONFESSIONALE ANTONINI.

Incipit summula Confessionis utilissima in qua agit quo modo se habere debeat confessor erga pœnitentem in confessionibus audiendis, quam edidit reverendissimus vir ac in Christo Pater, Dominus Frater Anthonius archiepiscopus florentinus, ordinis fratrum predicatorum.

Impressa Parisiis sumptibus honesti viri Francisci Regnault in vico Sancti Jacobi morantis ad interlignum divi Claudi. Anno millesimo quingentesimo decimo, die vero XIX marci. (1 vol. pet. in-12.)