Numquam credere fas est
Dum tibi dicit: Ave.
Tanquam ab hoste cave.
En résumé, cet ouvrage, rempli de notions historiques précises et de raisonnemens bien déduits, sur notre ancien droit public, sera toujours excellent à lire pour s'instruire à fond des causes de nos vieilles dissensions avec les Anglais. On trouve à la suite un petit aperçu géographique sur la Gaule et la Grande-Bretagne qui dénote un savoir tant soit peu gothique. Il y est écrit que saint Patrice, fils de la sœur saint Martin, fut envoyé par le pape Célestin, en Hybernie, qui est une région en mer, nommée Escosse la Saulvaige, où les gens mangent les hommes et les femmes, comme dict sainct Hierosme. Si cette assertion est vraie, il faut convenir qu'on ne doit désespérer de rien en fait de civilisation, puisque l'Écosse est aujourd'hui considérée, par bien des gens éclairés, comme un des pays de la terre où il faut chercher le type de l'espèce humaine, sous le double rapport des lumières et des mœurs.
LA GRANDE DANSE MACABRE
DES HOMMES ET DES FEMMES,
Historiée et renouvelée de vieux gaulois en langage le plus poli de notre temps, avec le Débat du Corps et de l'Ame, la Complaincte de l'Ame damnée; l'Exhortation de bien vivre et de bien mourir; la Vie du mauvais Antechrist; les Quinze signes du jugement. A Troyes, chez Jean-Antoine Garnier, 1728; 1 vol. in-4, fig. en bois, de 76 pages.
(1485-90—1728.)
L'auteur, ou plutôt le traducteur français de ce livre bizarre, est un sieur Guyot Marchant, qui demeurait à Paris, en 1485. L'édition originale parut, cette même année, le 28 septembre. Elle est fort rare, mais bien moins complète que les éditions postérieures, ne contenant que 10 feuillets de texte et 17 gravures en bois. L'édition in-fol., gothique, de 1490, indique que cette composition singulière, qui se trouve figurée dans un tableau fameux du peintre Holbein, et, dernièrement, dans un ouvrage anglais à vignettes coloriées, intitulé: The Dance of Death, a été traduite autrefois en vers français d'un poème allemand.
L'idée du livre est le développement de ce lieu commun, si souvent traité dans toutes les langues, que tous les hommes, grands et petits, riches et pauvres, paieront le tribut à la mort.