[7] M. Brunet cite deux exemplaires sur vélin de cette édition, l'un de la Bibliothèque Gaignat, l'autre de celle de La Vallière.
[8] Amsterdam, 1694. Le premier livre imprimé en France le fut à la date de 1470, par Ulric Gering, Martin Crantz, et Michel Friburger; c'est l'in-4 intitulé: Gasparii Barzizii Bergamensis Epistolæ. La Rhétorique de Fichet ne porte que la date de 1471. Gabriel Naudé, dans une savante Dissertation sur l'origine de l'imprimerie, insérée au tome IV des Mémoires de Commines, édition in-4 de Lenglet-Dufresnoy, cite, comme premier livre imprimé en France, le Speculum vitæ humanæ, de Roderic, évêque de Zamora, et lui assigne la rubrique suivante: Paris, 1470, quoique le livre ne contienne aucune indication de date ni de lieu.
[9] M. Brunet dit que le premier livre imprimé en langue française fut celui des Chroniques de saint Denis, depuis les Troyens jusqu'à la mort de Charles VII, en 1461. Fait à Paris, en l'ostel de Pasquier Bonhomm, le XVIe jour de janvier de l'an de grâce M.CCCC.LXXVI. 3 vol. in-fol., goth.: Pasquier ou Pascal Bonhomme commença par être seulement libraire, faisant imprimer avant d'être imprimeur-libraire. Il est d'ailleurs peu probable que l'imprimerie ait débuté en français par un ouvrage de si longue haleine.
[10] The history of ye Knight Jason, by Ger. Leeu, Andewarp, in-fol.
FRAGMENS
DE
L'EXPLICATION ALLÉGORIQUE
DU CANTIQUE DES CANTIQUES,
Par un Poète du XIIIe siècle, publiés d'après le manuscrit, par Ch.-J. Richelet (et tirés à 15 exempl. seulement, tous sur grand in-8, pap. vélin rose, 19 pages). A Paris, chez Achille Desauges. 1826.
(1000 ans avant J.-C.; et de notre ère, 1250-1550-1826.)
Que Salomon soit l'auteur des trois livres consacrés sous son nom dans l'Ancien-Testament, savoir: du livre Des Proverbes (en hébreu, Mislé), de l'Ecclésiaste (Koheleth), et du Cantique des Cantiques (Sir hasirm), cela n'a jamais fait une question pour les vrais érudits, ni chez les rabbins, ni chez les docteurs latins; mais la controverse s'est engagée sur le fond de ces antiques monumens du génie biblique, particulièrement sur l'objet du dernier; et elle a même été fort vive, fort amère, et, parfois, fort nue. Tandis que de graves commentateurs, à remonter jusqu'à saint Denys l'Aréopagite, ont cherché, dans ces chants passionnés de l'Epoux et de l'Épouse, soit un sens mystique et divin, qui rendît prophétiquement l'intime union de Jésus-Christ et de son Église, soit un élan céleste de l'ame humaine épurée vers la source éternelle de tout bien, des esprits simples, ou grossiers, ou téméraires, s'attachant au texte, en dépit des explications, prenant la chose au pied du mot, appelant Amour ce qui est Amour, Baiser ce qui est Baiser, Cou d'ivoire ce qui est Cou d'ivoire, et ainsi du reste, se sont obstinés à voir dans le Cantique des Cantiques une des plus ravissantes et des plus chaleureuses peintures érotiques dont la poésie ait pu se parer; e sempre bene: car, si l'on suit l'esprit, l'allusion est frappante, l'allégorie lumineuse et féconde; si la lettre, c'est le sentiment qui s'exhale, c'est la passion qui respire.
M. de Voltaire s'est placé à la tête des partisans du second système par son harmonieuse imitation, plus élégante que fidèle, tant connue et tant réprouvée.