Le troisième discours est une véritable apothéose d'Homère, terminée par cette hyperbole: «Si vous consultez bien votre Homère, vous posséderez tous les arts, toutes les sciences; et vous étancherez votre soif dans une source inépuisable; sinon, vous ne saurez rien, vous n'apprendrez rien, et vous serez comme Tantale au milieu des eaux.» Madame Dacier s'est fait de belles querelles, au sujet d'Homère, pour bien moins.
Le quatrième discours, dans lequel Codrus examine s'il faut qu'un homme sensé se marie, quel choix il doit faire et à quel âge, comment il doit nourrir et élever ses enfans, sert à faire connaître le caractère cynique et téméraire de l'auteur, autant que les mœurs corrompues de Bologne; car la pudeur n'y est pas ménagée. On peut considérer cette singulière leçon publique comme un plaidoyer pour et contre le mariage. Thémiseul en rapporte certains passages des plus licencieux avec complaisance et malice.
Le cinquième discours est tout à la louange d'Aristote et de la philosophie. Codrus, rappelant la belle définition que donne Platon de la philosophie, qu'il appelle la méditation de la mort, l'explique, à notre avis, avec plus de subtilité que de raison, quand il prétend que Platon n'entend point ici la mort naturelle, mais la mort des passions; il est vrai que ce n'est pas la peine d'assembler un auditoire choisi pour lui dire les choses simplement: les gens du monde laissent le bon-sens au peuple. Il est pourtant certain que Platon entendait ici la mort naturelle; ce qui n'empêche pas que le premier fruit de la méditation de la mort naturelle ne soit de tuer les passions.
Au sixième discours, Codrus prend l'occasion de se défendre contre ses détracteurs, qui l'accusent, les uns d'être ignorant, les autres d'aimer les beaux garçons; du reste, il y contredit son précédent discours; car, des opinions mobiles et contraires des philosophes, il infère que la philosophie n'est rien qu'un mensonge à mille faces, proposition par où nous l'avons vu débuter. Ce triste aveu est suivi de deux récits que Thémiseul ose à peine indiquer, tant ils sont obscènes; il n'avait pas été si réservé plus haut. Nous le serons moins que lui, pour cette fois seulement, ne pouvant trouver une plus belle occasion de montrer ce qu'étaient alors, en Italie, les maîtres et les disciples, Eruditissimi viri et auditores benevolentissimi, ainsi que les appelle Codrus; et nous rapporterons, en latin, l'une de ces histoires, qui fera rire les amateurs de la belle latinité sans les corrompre autrement que n'ont fait tels passages d'Horace et telles épigrammes de Martial: «Quædam rustici uxor volens maritum amandare ut sacerdotem ruralem quem amabat intromitteret, veniente vespera bovem e stabulo dissolvit et in pascua longinqua relegavit: maritoque ut bovem quæreret persuasit. Quod dum ille exequeret, interea bonus adulter bis aut ter rustici uxorem subegit et re patrata discessit. Rediens rusticus bove reperto adhæsit uxori et inter feminium tetigit, repperitque irroratum. Admiratus rogavit uxorem: cur hoc rorat? et illa respondit: amisso de bove plorat. Rusticus ille fatuus credidit et subinde cum in feminio intrasset, sensit latiorem, et rogans uxorem de causâ, illa respondit: Ridet de bove reperto.»
Le septième discours traite des beautés de la langue grecque. Pourquoi, dans ce cas, ne vient-il pas immédiatement après le troisième? observe judicieusement Thémiseul, et pourquoi presque aucun de ces discours n'est-il à sa place, pas plus le huitième que le septième? Nous ajouterons que la faute en est à Béroald, et qu'elle est sans excuse de la part d'un élève chéri de Codrus, qui, ayant suivi toutes ses leçons, devait en avoir retenu l'enchaînement. Codrus parle du grec en homme qui n'en perd pas la raison, à l'exemple de beaucoup de savans de ce temps. Il lui préfère même le latin, qu'il estime plus plein et plus grave, et pour lequel il se déclare prêt à rompre la lance au besoin, tout en accordant qu'on doit avoir, pour le grec, le respect que des enfans ont pour leurs parens; et que cette langue, ainsi que l'a fort bien dit Quintilien, est la plus douce du monde et aussi la plus propre à exprimer les choses techniques.
Le huitième discours termine le cours des poètes grecs par une Vie d'Homère d'une brièveté, d'une nullité peu dignes d'un professeur de grec.
L'éloge de la Fable en général, d'Ésope, de la Vie pastorale, de Virgile et de Codrus prend tout le neuvième discours.
Le dixième est encore un panégyrique des Lettres grecques.
Le onzième venge le grec de quelques détracteurs, et contient, avec un second Éloge de la Vie pastorale, une Vie d'Hésiode, dans laquelle Codrus met ce poète au dessus même d'Homère.
Le douzième discours est un bizarre, cynique, et quelquefois judicieux éloge du juste-milieu, dans lequel le chapitre de la génération entraîne l'orateur, selon son penchant, à donner beaucoup de détails lubriques, et tels, à propos de l'infamie de certains moines, que nous n'en dirons rien, quoique Thémiseul en parle beaucoup, après avoir fait, tout à l'heure, la petite bouche.