Dans le treizième discours, on voit un panégyrique des arts libéraux et de l'université de Bologne, laquelle passait, avec raison, pour être aussi facétieuse que savante; d'où nous est venu le personnage comique du Docteur de Bologne, aussi proverbial qu'Arlequin et Pantalon.

Le quatorzième discours renferme un panégyrique de la vertu, court et pauvre: la matière n'inspirait pas Codrus.

Enfin, le quinzième est un hommage rendu aux magistrats de Bologne. Les lettres de Codrus offrent peu d'intérêt, dit Thémiseul, et pourtant il les analyse avec assez de détail pour dispenser les autres d'en parler. Quant aux poésies, qu'il juge plus que médiocres, et qu'il n'examine guère que pour en relever les défauts, à la vérité, avec autant de goût que de finesse, nous nous permettrons d'être moins sévères que lui. Par exemple, il n'extrait, de la première pièce à Jean II Bentivoglio, l'un des braves condottieri de ce temps, qu'un charmant portrait de ce jeune héros, et s'exprime sur le reste avec trop de négligence. La pièce entière, qui a 198 vers hexamètres, et dont l'objet est de célébrer tout ensemble la vaillance, la justice et l'humanité de Bentivoglio, nous paraît belle d'un bout à l'autre. Les vers suivans, notamment, ne sont-ils pas de la meilleure école?

Ordine post alii pedites, equitesque sequuntur;

Pars clypeos gestant; hos umbræ lancea longæ

Armat; vos equites ferro pugnatis et arcu.

Interea horrizonis petit ærea machina bombis

Sidera; respondentque tubæ, resonantque propinqui

Montes; et pariter tellus, mare, sidera clamant, etc., etc., etc.

Le dialogue entre Mars et la Paix, qui se disputent Bentivoglio (Annibal), renferme des beautés véritables, particulièrement la peinture des maux que tant de guerres entre de petits États avaient faits à l'Italie. Il y a de la chaleur et du sentiment dans la complainte de Codrus sur la mort de son jeune disciple Sinibald Ordolafe. Nous ferons bon marché de l'Eglogue et des deux Satires; mais, quant aux poésies légères, nous pensons qu'on en peut recueillir plusieurs que Thémiseul a délaissées, dont quelques unes, il est vrai, sentent, comme il le dit, le terroir; telle est celle à Glaucus: