»Fata; nihil nobis damni mors invehit atrox,
»Sed mala cuncta aufert miseris, et sidera pandit.
»Tu ne crede, animos una cum corpore, lucis
»Privari usura. In nobis cœlestis origo
»Est quædam, post cassa manens, post cassa superstes
»Corpora, et æterna se commotura vigore, etc., etc.»
La traduction en vers français de cet estimable poème n'a pas, à beaucoup près, le mérite de l'original. Elle est plate, prosaïque et pleine d'enjambemens désagréables. On se permet, il est vrai, plus facilement, les enjambemens dans les vers de dix pieds, parce que le mètre en est familier de sa nature; mais il y faut des bornes. Les rimes d'ailleurs ne sont pas alternées. Il s'en trouve jusqu'à dix masculines de suite, ce qui rend l'harmonie bien monotone. C'est ici le cas de dire traduttore, traditore. Il suffit, pour juger du ton général de cette traduction, de voir comme l'ami de Dolet a rendu les beaux vers sur la mort que nous venons de citer:
«La mort est bonne et nous prive du mal
»Calamiteux: et puis nous donne entrée
»Au ciel (le ciel des ames est contrée);