»Legendis breus esse gran marriment
»Quant cla carcer avial cor dolens
»Molt wal los bes que lom fai e couent.»
Sans même excepter toujours les lois, les actes publics et les discours sacrés, presque tout était versifié dans ces temps novices. Il en est des nations qui naissent à la vie intellectuelle comme des enfans; ou ne leur parle pas, on leur chante.
An 995. 7o. Discours d'Ouverture du Concile de Mouson, par l'évêque de Verdun, en 995, cité par dom Rivet, qui renvoie pour le texte aux conciles du père Labbe, tom. IX, page 747.
An 1010-25. 8o. Le Roman de Guillaume au Court nez. Dom Rivet, en assignant pour date approximative à ce Roman l'année 1010, avance qu'à cette époque les romans tant en prose qu'en vers affluaient. Il remarque, justement, que celui-ci détruit l'assertion de Galland contre l'antiquité du rhythme de dix syllabes, puisqu'il est écrit dans ce rhythme. Le héros en est le vicomte de Narbonne, nommé Guillaume au Court nez. On y voit l'histoire travestie de saint Guillaume de Gellone, sur lequel fut faite une chanson fameuse chez nos aïeux, vers l'an 1050. En attendant l'édition complète, si désirable, qu'on nous promet de ce poème, on peut recourir à l'histoire du Languedoc de Catel, qui en contient de nombreux fragmens, dont voici quelques uns. Dans le livre ou chant qui a pour titre le Charroy de Nisme, l'auteur s'exprime ainsi:
Oies Seignor dex vos croisse bonté
Li glorieux li roys de majesté
Bone chanson est vous a escouté
Des meillor hom qui ains creusten dé