Suit la description d'un beau combat de Guillaume contre le géant sarrasin Isore. Comme de raison le géant succombe. M. de Sainte-Palaye dit que le Roman d'Aymery de Narbonne et de Guillaume d'Orange, surnommé au Court nez, connétable de France, fameux par son mérite et ses différentes branches, est en partie de li Roi Adenès, poète de l'an 1260. Ceci ne doit s'entendre que d'une dernière branche ou continuation de cet ancien Roman. M. de Bure, catalogue de la Vallière, tom. II, donne les premiers vers des seize divisions de ce Roman, qui en contient, dit-il, 77,000.

An 1050. 9o. Traduction des quatre Livres des Rois. Le Ms. s'en trouvait, du temps de notre bénédictin, aux cordeliers de Paris, et venait des religieuses cordelières de Longchamp. Il est attribué à l'an 1050 environ.

An 1050. 10o. Traduction en prose des Psaumes; tiré du Ms. de la Bibliothèque du Roi, no 8177. On y lit ce verset:

«Li hons es beneures qui non ala el conseill des Felons et non esta
»En la veoïe des pecheors et non cist en la chaere de pestilence.»

C'est du français de l'an 1050, comme la précédente traduction.

An 1066. 11o. La Chanson de Roncevaux. Chanson de geste, peut-être le même ouvrage, dit dom Rivet, que le poème de Roland et Olivier. Robert Wace, l'auteur normand du Roman de Rou, dont nous parlerons en détail, rapporte que les soldats de Guillaume le Conquérant chantaient la chanson de Roncevaux, en 1066, à la bataille d'Hastings. Nos modernes philologues nous en promettent aussi une édition complète; ce sera un véritable présent fait à la littérature française. Nos extraits nous apprennent qu'il y a deux Romans ou chansons de Roncevaux; l'une, ancienne, c'est celle-là qu'il nous faut; l'autre, beaucoup plus moderne, en vers alexandrins, laquelle est de Jean Bodiaux. Du Cange cite les vers détachés suivans, de l'ancienne.

«Mil grifles sonnent, moul en sont cler li ton


»S'en fu suis matès et recreans