«Tu n’as pas froid, Octave?
—Ici, pas trop, répondit l’homme, mais pour un sale pays, c’est un sale pays!
—Nous serons rentrés demain; il faudra écrire à Randal, ce soir, pour lui envoyer la liste et les renseignements.
—Les renseignements! comment veux-tu que je les trouve? C’est tout des jésuites dans le patelin: on demande quelque chose, le bonhomme répond à côté ou pas.
—Nous ne sommes plus à Toulouse!» dit la petite personne avec une mine dégoûtée.
Puis, à mi-voix:
«Qu’y a-t-il sur la liste? demanda-t-elle.
—Rien de très gras: le colosse, mais on l’a déjà vu; l’homme caoutchouc, une bonne affaire, celui-là; le cul-de-jatte casseur d’assiettes qui ne plaira pas à Randal (ces protestants, ça a des idées!) d’ailleurs, j’ai pas signé; et puis ceux de la foire de Hambourg que tu connais: le nabot est crevé, ils sont encore sept.
—C’est pas mal, Octave; c’est un joli groupe... Alors, tu reviendras pour les renseignements?
—Oui, dans six semaines. Je verrai le notaire. Il y a de belles prairies qui feraient tout à fait l’affaire. Tu m’accompagneras: j’aurai besoin de toi.