—Salut, Madame! ah!... bonjour, Monsieur! je crois vous avoir déjà rencontré au café. Du nouveau? non, Madame, rien de nouveau, mais je voudrais montrer à M. Randal l’intérêt qu’il aurait à changer d’avis à propos du cul-de-jatte de Bordeaux: le bonhomme est libre depuis hier, je me charge de l’engager à des conditions excellentes... un numéro inédit et qui rapportera. Que M. Randal se montre moins intransigeant, et je télégraphie à Bordeaux, ce soir.

—Faire changer James d’avis! ah! Boucbélère, vous y perdrez votre accent toulousain! Comment va Rachel?

—Elle n’est pas à prendre avec des pincettes: graissée jusqu’au bout des doigts et de très mauvaise humeur, elle invente une pommade extraordinaire que nous lancerons un jour: «la bélériane». Les boîtes porteront sur le couvercle un bouc qui, si j’ose dire, aura «bel air»... Des bêtises! Tout de même, je vais voir le patron.

—Comme il vous plaira.

—Mais je tiens à rectifier quelque chose: M. Randal dit que je rentre chargé de toute l’horreur du monde et non pas de tous les péchés... C’est très différent.

—Évidemment! Pardon, Boucbélère; bonne chance.

—Au revoir, Madame; salut, Monsieur.»

Il rétablit du doigt l’ordonnance de ses cheveux luisants, s’inclina, sourit, boutonna son veston pour avantager sa taille et se dirigea vers la tente du chef.

«Je vous prie de croire que nous n’en comptons pas beaucoup de ce calibre, dit Mme Randal.

—Boucbélère est à tout le moins singulier.