«... Et pour avoir fait bon marché de votre pudeur, Ida!...»

Mathieu eut un sursaut d’indignation, mais Mme Randal y coupa court.

«Non! restez assis, Mathieu et taisez-vous; en somme, il a raison, écoutons toujours la fin.

—Peut-être, continua Randal, me suis-je trop retranché de la vie courante pour me former tout seul une idée équitable de ces choses; peut-être cette affaire me touche-t-elle de trop près et peut-être mon âme s’est-elle beaucoup éloignée de Dieu. Il me faut donc l’opinion d’autrui. Cette opinion, je vais me la procurer. Ainsi, vous pourrez vous défendre, vous pourrez être compris, et ma sentence, plus autorisée, sera plus juste.»

Il pressa un bouton de sonnette sur son bureau.

«J’appelle Sam Harland et Leslie auprès de moi: l’un est un homme assez sociable pour concevoir ce crime, l’autre garde assez d’innocence pour l’excuser.

—Alors... quoi? s’écria Delannes, on va raconter...

—Je vous en conjure, Mathieu... nous ne sommes pas les maîtres, ici.

—Plug, dit James Randal au palefrenier qui entrait, faites venir tout de suite Sam Harland et Avery Leslie.

Right’o, Sir!» dit Plug en touchant sa casquette.