— Vous êtes prêt? dit van Horst.
— Oui! répondit Caldaguès.
Ils avaient posé leurs fusils sur la table.
— Alors, partons! dit van Horst.
— Buvons d'abord un verre, chacun à notre santé. Sers-nous, Olivier!
Je crois avoir un peu tremblé en remplissant les verres, mais je repris courage pour poser une question qui me brûlait la bouche :
« Van Horst, dis-je, laissez-moi voir si votre fusil est bien propre. Vous m'avez rendu plus d'un service, et je vous aime beaucoup. Laissez-moi démonter votre arme, et vous aussi, Caldaguès, laissez-moi démonter et nettoyer votre arme. Peut-être est-ce ma dernière demande à l'un de vous ; ne me refusez pas. »
Ils se regardèrent et eurent tous deux un bon sourire franc.
« Mais oui! mais oui! seulement dépêche-toi! »
Ils s'assirent et fumèrent avec tranquillité. Ce calme m'épouvantait plus que la pire explosion de colère. Il n'y avait pas à intercéder comme dans l'aventure de Johnnie Lee, il n'y avait qu'à se livrer au destin.