— Viens! j'ai besoin de toi.
Van Horst avait besoin de quelqu'un! Etrange! étrange qu'il l'eût dit! Il me regarda tristement… Un air vague, absent, perdu… ce même air, je le vis quelques années plus tard sur le visage d'un homme qui se sentait devenir fou… Après le meurtre de Jack Dill, Vincent van Horst était une brute victorieuse, et, malgré l'horreur de la scène, j'avais été séduit. Maintenant, je ne considérais plus la face d'un vainqueur, mais celle d'un supplicié… Je crois qu'il mettait à souffrir la même insolente ardeur qu'à vivre!
« C'est bon, dis-je, c'est bon! Je vous accompagne. »
Et, mes nerfs prenant le dessus, je me mis à rire d'un rire qui sonnait un peu faux.
« Attendez-moi, je reviens tout de suite. »
Je m'étais rappelé, soudain, une Bible que j'avais vue, quelques jours auparavant, dans la chambre à coucher de Maria. Dès que Maria se sentait lasse, enrhumée ou rêveuse, son inconduite lui donnait des remords. Elle cherchait aussitôt leur allègement dans les Evangiles. A tout hasard, je fus prendre le petit livre et rejoignis van Horst.
« Qu'as-tu là? »
Je lui montrai le petit livre noir.
« Ah! » fit-il.
Et nous entrâmes sous bois.