—Ma chère Clotilde! rappelle-moi que je dois écrire au Général Felte, demain matin, et l’inviter à déjeuner.
—Oui, et tu m’enverras encore à la campagne? Oh! je le sens! tu as honte de moi! Eh bien! tu n’écriras pas au général Felte! et il ne remettra plus les pieds ici! Voilà!
—Ma chère Clotilde! loin d’avoir honte de toi, j’aurais plutôt honte de moi-même. Cependant, laisse-moi te dire qu’aujourd’hui, tu parais dépasser un peu les bornes de ta mauvaise humeur habituelle, et...
—... Et, pour l’amour de Dieu, n’aie pas l’air de te moquer de moi, avec tes phrases polies! il pourrait t’en cuire!
—Ma chère Clotilde! il me semble que je vais perdre patience. Tu voudras bien me laisser recevoir chez moi qui me plaît.
—De vieilles badernes et des clowns malpropres? Tiens! tu m’exaspères! Je vais faire un tour au Bois!
—Ma chère Clotilde! je t’avertis que j’ai perdu patience. Si tu vas au Bois et si tu ne t’excuses immédiatement de ton inconvenance, tu ne rentreras plus ici.
—Imbécile! Je sors! Nous dînerons tôt, ce soir. Je compte voir la revue des Variétés. Tu feras prendre des places.
—Ma chère Clotilde! je te signifie ton congé. Tu peux dîner chez ta tante Ursule, tu peux y coucher aussi. Je te recommande le train de 6 heures 15. Allons! va-t-en! Adieu!... Nos petites transactions seront réglées par un intermédiaire, et je t’enverrai, demain soir, tes robes et ton linge. Allons! va-t-en vite!»
Clotilde sortit en haussant les épaules. Elle avait à peine fermé la porte qu’elle la rouvrait déjà.